YVETTE LEBON

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Profession:
Actrice française.

Date et lieu de naissance:
14-08-1910, à Dans le 10è arrondissement de Paris , France.

Date et lieu du décès:
28-07-2014, à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, France.

Cause du décès:
De cause naturelle à l'âge de 103 ans.

Nom de naissance:
Simone Lebon.

État civil:
Mariée en 1938 avec le comédien : ROGER DUCHESNE (1906–1996) - Jusqu'en 19??.

Mariée en 19?? avec le producteur américain NATHAN WACHSBERGER (1916–1992)
Jusqu'au décès de Nathan en février 1992.
Ils eurent un fils : Patrick.

Liaison en 1943 avec le dramaturge : Sacha Guitry.

Liaison avec le journaliste : Jean Luchaire.

Le fils d'Yvette (Patrick) est le président de Summit Entertainment, société de distribution de longs métrages à qui l'on doit notamment la saga Twilight.

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Anecdotes

Après des cours de danse et de peinture elle fait de la figuration au cinéma. Marc Allégret la remarque et l'engage pour Zouzou avec Joséphine Baker. Elle tourne avec Max Ophuls, tient le premier rôle féminin dans Marinella aux côtés de Tino Rossi, tourne avec Antonin Berval. Elle monte sur scène pour jouer dans Les petites cardinal un opéra-bouffe d'Albert Willemetz et Arthur Honegger puis épouse Roger Duchesne.

Elle avait tourné "une quarantaine de films en quarante ans, avec pour partenaires Tino Rossi, Fernandel, Jean Gabin, Jules Berry, Charles Trenet, Bernard Blier et Josephine Baker".

Après avoir donné la réplique en 1941 à Charles Trenet dans la Romance de Paris elle rencontre en 1943 Sacha Guitry dont elle devient la maîtresse. Guitry lui offre un rôle dans Le Destin fabuleux de Désirée Clary. Pendant l'Occupation, elle fréquente Jean Luchaire, tête de file de la presse française collaborationniste.

Avec Nathan Wachsberger, Yvette Lebon aura un fils, Patrick, devenu président de Summit Entertainment, société de distribution de longs métrages à qui l'on doit notamment la saga Twilight. Elle a vécu à Beverly Hills jusqu'en 1992, année de la mort de son époux. L'une des dernières sorties publiques d'Yvette Lebon fut pour l'inauguration de l'allée Jean-Sablon à Cannes - où elle vivait retirée - en avril 2010, indique Le Point. Mais ses obsèques devraient se dérouler dans la semaine à Hollywood.

 

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Biographie

La doyenne des actrices françaises, vient de mourir à l'âge de 103 ans, le 28 juillet. Elle aurait eu 104 ans le 14 août.

Pourquoi certaines actrices oubliées depuis des lustres resurgissent-elles soudain dans notre mémoire au détour d'un film ? Il aura suffi que France 3 diffuse dimanche dernier, dans son Cinéma de minuit, le film de Sacha Guitry Le destin fabuleux de Désirée Clary pour qu'un nom qui ne dit plus grand-chose à plus grand monde, Yvette Lebon, surgisse de l'oubli. Un film sur un écran de télévision passé minuit, et c'est un fantôme qui nous hante. Yvette Lebon se réveille tard et vit la nuit ; à l'instant où quelques dizaines de milliers de téléspectateurs le regardaient, elle en faisait peut-être autant à Cannes où elle vivait retirée.

Une actrice très occupée pendant la guerre...

Sa dernière apparition à l'écran remonte à 1972, dans Je, tu, elles..., diffusé à la télévision. Deux ans auparavant elle tournait pour l'avant-dernière fois au cinéma avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin dans Cannabis. Elle avait 60 ans... Une jeune fille. Sa carrière n'est pas inoubliable : une quarantaine de films en quarante ans, avec pour partenaires Tino Rossi dans Marinella, Fernandel, Jean Gabin, Jules Berry, Bernard Blier et Josephine Baker. Son joli minois fit des ravages, et son regard fut l'un des plus beaux du cinéma. Sa petite légende n'intéresse plus qu'une poignée de cinéphiles et de raviveurs de cadavres de l'Occupation. On croise Yvette Lebon au côté de Corinne Luchaire dans les romans de Patrick Modiano, parce qu'elle fut la maîtresse de Jean Luchaire, le patron de la presse collaborationniste. On retrouve sa trace chez les historiens, au 33 de la rue Lauriston, à la Carlingue, le sinistre repaire de Bonny et Lafont. Elle y côtoie celles que l'on appellera "les comtesses de la Gestapo".

Yvette Lebon n'a pas pu résister au Tout-Paris très occupé dans les lieux à la mode. Que la fête continue ! Elle accompagnait Jean Luchaire dans ce monde interlope de la collaboration. Le séducteur collectionnait les conquêtes. Avant ou après Yvette Lebon, il fut l'amant de Marie Bell et Mireille Balin. Sa fille Corinne, étoile filante du cinéma, que l'on se risquait à comparer à Garbo et qui mourra à 29 ans après avoir été frappée d'indignité nationale, ne fait pas d'éloges de la maîtresse de son père dans ses souvenirs, Ma drôle de vie. Yvette Lebon partagea un temps la vie de Sacha Guitry dont elle jouera trois pièces. Il lui donnera au cinéma l'un des plus beaux rôles de sa carrière.

Quelque temps au vert pour se faire oublier.

Yvette est revenue il y a peu sur cette zone grise de l'histoire, dans l'exceptionnel film de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, L'occupation intime, diffusé sur TF1 en septembre 2011. Force est de reconnaître la sincérité de son témoignage. Elle assume, soixante-dix ans après, l'inconscience qui fut la sienne mais aussi celles des autres.

"Je ne sais jusqu'à quel point on se rendait compte. Quand on était un peu privilégié, il y avait du champagne. On ne manquait de rien."

Yvette, comme d'autres, continua d'exercer son métier dans des films comme Romance de Paris avec Charles Trenet. Elle était une petite vedette.

"Toute l'Occupation a été occupée par le théâtre et le cinéma," reconnaît-elle devant la caméra.

Cette période est un âge d'or du cinéma français et de la Continental, la société de production financée par les Allemands.

À la Libération, Jean Luchaire sera condamné à mort et fusillé au fort de Châtillon le 22 février 1946. Yvette Lebon avait sans doute su "diversifier ses relations" et ne sera pas inquiétée, contrairement à d'autres, comme Arletty ou Mireille Balin. Elle se mettra au vert, le temps de se faire oublier.
Yvette le reconnaît : "J'ai eu le bon Dieu avec moi."

Un fils producteur

Ironie de l'histoire, en 1945 l'actrice, qui poursuivra sa carrière, incarnera à l'écran Mme Tallien, qui sauva sous la Terreur des centaines de prisonniers de la guillotine. Elle épouse après la guerre le producteur hollywoodien Nathan Wachsberger, qui relance sa carrière. Elle fera un retour très remarqué dans Milady et les mousquetaires (1952). Elle vécut à Beverly Hills jusqu'en 1992, date de la mort de son mari, puis elle rentre en France. Son fils Patrick dirige Summit Entertainment et coproduit en 2005 Mr. et Mrs. Smith, avec Brad Pitt et Angelina Jolie. L'une des dernières sorties publiques d'Yvette Lebon fut pour l'inauguration de l'allée Jean-Sablon à Cannes en avril 2010. Tel est le lumineux et crépusculaire destin d'une gloire montante des années 30. Elle reste l'un des derniers témoins d'une époque en noir et blanc où le gris dominait. Elle parle peut-être de tout cela aujourd'hui avec la veuve de Charles Vanel, sa voisine dans le Midi.

 

Source : Par Jean-Noël Mirande pour : Lepoint.fr/ - Fait le 06 août 2014 par Philippe de CinéMémorial.