SERGE SAUVION

Vue 7663 fois

Profession:
Acteur, chanteur, doubleur de voix française et homme de théâtre français.

Date et lieu de naissance:
18-02-1929, à Paris, 13ème, France.

Date et lieu du décès:
13-02-2010, à Asnières, Hauts-de-Seine, France.

Cause du décès:
Probablement de mort naturelle à l'âge de 80 ans.

Nom de naissance:
Serge Philippe José Sauvion.

État civil:
?

Taille:
?

Commentaires: 1

Anecdotes

A tourné avec les plus belles, comme :

 

Simone Signoret, Pacale Petit, Jeanne Moreau, Michele Morgan, Micheline Presle, Mireille Darc, Mimsy Farmer.

 

Et avec les meilleurs, tel que :

 

Jean-Louis Trintignant, Jean Gabin, Sacha Guitry, Bruno Cremer, Daniel Gélin, Jacques Brel.

 

Ses doublures de comédiens sont nombreuses. De Peter Falk dans " Columbo ", Peter Lupus dans " Mission Impossible ", Stacy Keach alias Mike Hammer dans " Mike Hammer ", Robert Blake alias le détective Tony Baretta dans " Baretta ", Mike Connors, dans certains épisodes de " Mannix" Roger E. Mosley alias T.C. dans " Magnum ", Burt Reynolds, Martin Sheen au cinéma, son nom apparaît également dans le générique d'" Ulysse 31 " lors de l'épisode 13, intitulé " Les Sirènes ", quand il prête sa voix au chef des pirates. En 1985 et en 1986, il est Jules César dans " Astérix et la surprise de César " puis " Astérix chez les Bretons ". On le voit aussi apparaître sur un support proche de celui qui fera son succès (la radio), quand sa voix se fait entendre avec Bernard Lavilliers, dans la chanson " Citizen Kane " sur l'album " If… ", en 1988, ce qui donne l'impression de se retrouver dans un film.

 

photos

(Glissez vers la gauche pour découvrir toutes les photos)

Biographie

La voix du suspens... En 1951, dans « Autant en emporte le gang », un film de Jacques Moisy et Michel Gast, Serge Sauvion apparaît à l'écran pour la première fois. Il n'a que 22 ans. De prime abord, ce titre de film et ce nom de comédien ne doivent pas dire grand chose à la majorité des gens. Pourtant…

Pourtant, Serge Sauvion est connu de la plupart d'entre nous. Et oui, et à certains, il a peut-être donné de belles frayeurs. Sa renommée débute avec « Inculpé de meurtres », filmé en 1967, premier épisode de Columbo. On ne le voit pas sur l'écran aux côtés de Peter Falk, mais il est présent dans la peau, et surtout la voix du célèbre lieutenant de police. Si la série a tant de succès en France, elle le doit pour une bonne partie au ton qu'a apporté Serge Sauvion. À ce propos, Peter Falk aurait déclaré, parlant de Serge Sauvion et de ce qu'il a apporté au Columbo francophone : « Serge Sauvion est un acteur formidable. Il est fantastique ! Je l'adore ! Je ne vois pas comment on pourrait faire mieux. » Mais il n'est pas qu'une voix.

Il est d'abord un acteur, sorti du Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris, et qui, tout au long de sa carrière, apparaîtra dans près de cinquante films. Parmi ses collaborations, citons entre autres « La Reine Margot » (Film de Jean Dreville de 1954 avec Louis de Funès, Jeanne Moreau, Daniel Ceccaldi et Jean-Roger Caussimon, où Serge interprète le rôle d'un garde de chapelle), « Si Paris m'était conté » (de Sacha Guitry, 1955, où il incarne un officier de police), « Double Verdict » (Claude Lecomte, 1955 ; dans ce film, il a le rôle principal avec Magali de Vendeuil et Paul Frankeur), « Les salauds vont en enfer » (Robert Hossein, 1956), « Ne nous fâchons pas » (Georges Lautner, 1966), « Un homme de trop » (Costa-Gavras, 1967), « Compte à rebours » (Roger Pigaut, 1970, avec Serge Reggiani, Charles Vanel, Simone Signoret, Jeanne Moreau…), « Les assassins de l'ordre » (Marcel Carné, 1971), « Franz » (Jacques Brel, 1971, avec Jacques Brel, Barbara, Danièle Evenou ; ce vrai bide représentera la Belgique lors du festival de Cannes en 1971. Il y tient le rôle de… Serge), ou « Une affaire d'hommes » (1981, de Nicolas Ribowski, avec Claude Brasseur, Jean-Louis Trintignant, Jean Carmet, Roland Giraud et Isabelle Huppert). Il faut revenir en arrière, en 1973, pour le voir en haut de l'affiche, dans « Charlie et ses deux nanas » (film de Joël Seria), avec Jean-Pierre Marielle, Jeanne Goupil et Nathalie Drivet. Mais aucun rôle qui l'aurait propulsé à Hollywood.

Au théâtre aussi, ses apparitions sont notables, comme dans « La vertu en danger » (mise en scène de Jacques Fabbri), « Cyrano de Bergerac » (Raymond Rouleau), « Une aspirine pour deux » (Francis Perrin), « Zoo » (Jean-Luc Tardieu), « Le roman de Renart » (Jacques Guibal), « Six hommes en question » (Robert Hossein), « Angélique, marquise des anges » (Robert Hossein), ou « Sammy, Doc et Fifi » (Anne Jolivet). Avec « La Crécelle », de Charles Dyer, la notoriété de Serge grandit encore un peu plus, puisque la représentation sera enregistrée pour la première chaîne télévisée le samedi 23 décembre 1978 au Théâtre Marigny puis sera diffusée dans le cadre de « Au Théâtre ce soir », le vendredi 6 avril 1979. Quant à ses rôles pour la télévision, on le voit dans « Allô-Police » (dans « l'Homme en pyjama », 1967), « Les 400 coups de Virginie », en 1978-1979, où il joue le rôle de Monsieur Piais, le concierge, dans Les cinq dernières minutes (l'épisode s'appelle « Dynamite et compagnie », 1982), « Les Brigades du Tigre » (« La grande duchesse Tatiana », 1983), « Châteauvallon » (1985), « Commissaire Moulin » (1990-1991), « Le gang des tractions » (1990, diffusée sur Canal + puis TV5), « Avocats et associés » (dans l'épisode 17 : « Les tensions durent », France 2, le 27 octobre 2000) et même dans un épisode de « Navarro », intitulé « Dans les cordes », où il tient le rôle d'un certain « Vargas ».

Sur Europe 1, de 13h30 à 14h, c'était l'heure de « Crime Story, les rendez-vous d'Alfred Hitchcock racontés par Serge Sauvion. Aujourd'hui… — et le nom de l'épisode —, de — l'auteur de la nouvelle — » (c'est en ces termes que la présentatrice annonçait quotidiennement le programme). La plupart des histoires (toujours complètes, jamais à suivre) que lui ou le programmateur avaient choisie, contenait une grande dose de suspens et pouvait faire peur. Le pire était de procéder comme je faisais. En effet, ne pouvant écouter le programme « en direct », je devais l'enregistrer. Le soir venu, pour m'endormir, j'écoutais les histoires. Certaines m'ont empêché de fermer l'oeil, d'autres, grâce à la voix de Serge, m'ont bercé.

L'émission était toujours annoncée avec le même gingle musical, qui mettait en appétit. Serge Sauvion, durant cette demi-heure (qui était systématiquement coupée par une page de publicité, avant laquelle Serge faisait mousser l'auditeur — « Est-ce que les pulsions de Brian l'inciteraient à sauter dans le vide ? », « Les voisins d'Hélène avaient-ils vraiment tué leurs enfants ? », avant d'ajouter à chaque fois « C'est ce que vous saurez [petite pause dans la voix] dans quelques instants… ») laissait aller sa voix au gré du récit. Après cette coupure publicitaire, quand il revenait à l'antenne, Serge faisait un résumé de ce qui avait précédé, puis reprenait le cours de son histoire.

Il prenait aussi bien la voix du policier, du meurtrier présumé, des témoins, de la voisine, des enfants, de vieilles personnes, etc. Jamais personne ne l'a épaulé. Toujours seul, Serge, avec ses voix. En fond sonore, il y avait parfois une musique à faire trembler, et des sons donnant la chair de poule (une détonation d'arme à feu, un carreau de vitre qui casse, un coup de tonnerre, le téléphone qui sonne, le murmure des gens dans un bar, un train qui roule, etc.), toujours mis au juste moment. Évidemment, plus il y avait de personnages, et donc de voix, plus l'épisode était savoureux. Lorsqu'au contraire la nouvelle n'était qu'une histoire racontée par un personnage, le suspens était doublement moins intense. En effet, comme c'était « je » qui parlait, on savait que le personnage n'était pas mort, ce qui ôtait du charme à l'épisode — quoique, une fois, un épisode a pris de cours tout le monde, puisqu'en fait, on apprenait à la fin que ce « je » était tiré de la lecture d'un journal intime et que l'épisode se concluait par un « c'est ainsi que je suis mort… », surprenant et savoureux —, et puis Serge a presque toujours le même timbre de voix, alors ça enlevait du charme. Mais, quand une dizaine de personnages se côtoyaient, c'était génial.

Une question quand même : comment Serge préparait-il ses feuilles avant l'enregistrement ? Avec des passages en couleurs, surlignés, à côté desquels il écrivait « grand-mère », « Bobby » etc., pour ne pas se tromper ? Au fur et à mesure de ces années où j'ai enregistré les épisodes sur cassettes, j'ai remarqué des détails importants sur le procédé du narrateur. Serge Sauvion utilisait méthodiquement à peu près le même timbre de voix selon la personne qui parlait. Le narrateur, s'il n'était pas un des personnages du récit, avait la voix de Serge Sauvion lui-même, l'inspecteur ou le détective, celle de Columbo, le mauvais garçon ou le bandit était tout de suite reconnaissable, les grand-mères avaient presque tout le temps le même timbre de voix, tout comme les prêtres (ça m'a marqué, ils avaient une voix très posée, calme, sans soubre-saut). Certains auteurs faisaient apparaître, d'une nouvelle à l'autre, le même personnage. Je me souviens ainsi que Silbi Gidford (je n'ai aucune idée de l'orthographe de son nom…) avait créé l'inspecteur Paccino ; mais, au fond de moi, je me suis interrogé sur l'existence de ce personnage, aux consonnances rappelant celles de Columbo… Et si Serge avait dépabtisé ce personnage si récurrent dans ces récits, l'inspecteur d'origine, pour lui donner un nom proche de celui de Columbo, sans doute son personnage favori à doubler ? Petit clin d'oeil à l'auditeur… Sur le principe, l'émission rappelait presque Derrick dans le sens où le bandit mort dans un épisode était ressucité le lendemain dans un nouvel épisode, grâce à la voix de Serge.

Par la suite, Crime Story a changé d'horaire, et, au lieu de passer chaque jour de la semaine, on ne pouvait l'écouter que le dimanche soir vers 21h. Et ce n'était plus du Alfred Hitchcock pur et dur, mais les aventures d'un policier français qui racontait ses exploits. Moins de voix, moins de suspens. Je crois que la série n'a pas duré. Certainement que les vrais fans de Crime Story ne retiendront que les épisodes de 13h30, ceux qui berçaient les auditeurs après le repas (sacrée concurrence pour Derrick…). Comme le disait Serge, « Il n'y pas de comédiens de doublage, mais des comédiens qui font du doublage. » En effet, dans Crime Story, Serge Sauvion a réellement interprèté chacun des figurants, leur donnant la vie, transmettant leurs émotions à l'auditeur-spectateur, comme il a donné une âme encore plus visible et audible à Columbo.

Un grand nombre d'éléments biographiques sur Serge sont tirés du site Inculpé de meurtres, et plus spécialement la page consacrée au doublage en français par Serge.

 

Biographie écrite par Guillaume Binns - Fait le 18 février 2010 par Philippe de CinéMémorial.

Filmographie

 

33 LONGS MÉTRAGES
_________________________________

 

1993 - LUMIÈRE NOIRE
Réal : Med Hondo

 

1989 - VALSE DES PIGEONS .LA
Réal : Michaël Perrotta

 

1986 - ASTÉRIX CHEZ LES BRETONS
Dessin Animé - Réal : Pino Van Lamsweerde
Serge Sauvion faisait la voix de : "César"

 

1984 - GLAMOUR
Réal : François Merlet

 

1984 - ASTÉRIX ET LA SURPRISE DE CÉSAR

 

1983 - SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE

 

1982 - ÉTÉ DE NOS QUINZE ANS .L'
Réal : Marcel Jullian

 

1981 - AFFAIRE D'HOMMES .UNE

 

1979 - FIFTY FIFTY
Réal : Pascal Vidal

 

1977 - AMANT DE POCHE .L'

 

1976 - DOUZE TRAVAUX D'ASTÉRIX .LES
Dessin Animé - Réal : René Goscinny, Albert Uderzo et Pierre Watrin
Serge Sauvion faisait la voix de : "César"

 

1973 - CHARLIE ET SES DEUX NÉNETTES
Réal : Joël Séria

 

1971 - FRANZ

 

1970 - ASSASSINS DE L'ORDRE .LES

 

1970 - LIBERTÉ EN CROUPE .LA

 

1970 - COMPTES À REBOURS

 

1969 - COEUR FOU .LE

 

1968 - ASTÉRIX ET CLÉOPÂTRE
Dessin Animé - Réal : René Goscinny, Lee Payant et Albert Uderzo
Serge Sauvion faisait la voix de : "César"

 

1967 - PACHA .LE

 

1966 - HOMME DE TROP .UN

 

1965 - NE NOUS FÂCHONS PAS

 

1963 - TROIS DE PERDUES
Titre Orig. Danois : Tre piger i Paris - Autre Titre : Trois blondes à Paris
Réal : Gabriel Axel

 

1962 - LOI DES HOMMES .LA

 

1961 - DERNIER QUART D'HEURE .LE

 

1960 - MAUVAIS COUPS .LES

 

1960 - EN VOTRE ÂME ET CONSCIENCE

 

1959 - VERS L'EXTASE

 

1960 - MERCI NATERCIA

 

1958 - MOUCHARDE .LA

 

1958 - CE CORPS TANT DÉSIRÉ

 

1955 - SI PARIS NOUS ÉTAIT CONTÉ

 

1954 - REINE MARGOT .LA

 

1951 - AUTANT EN EMPORTE LE GANG
Réal : Jacques Moisy et Michel Gast

 

_______________________FIN_____________________

 

commentaires (1)

hugongerard

26-10-2010 10:56:03

Beaucoup de doublage notamment voix française celle de Peter Falk ( Columbo ) notamment , mais aussi Stacy Keach ( Mike Hammer ) entre autres , sans oublier Robert Blake ( Baretta ) .