PIERRE BLANCHAR

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Profession:
Acteur, réalisateur et scénariste français.

Date et lieu de naissance:
30-06-1892, à Philippeville aujourd'hui Skikda, Algérie.

Date et lieu du décès:
21-11-1963, à Suresnes, Hauts-de-Seine, France.
Inhumé au cimetière de Charonne à Paris.

Cause du décès:
D'une tumeur au cerveau à l'âge de 71 ans.

Nom de naissance:
Gustave Pierre Blanchard.

État civil:
Marié Avec : MARTHE LAGRANGE.
Ils eurent deux filles : Pierrette et Dominique, née le 2 juin 1927.

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Anecdotes

DÉMODÉ ?
Blanchar a souvent été mis à la place d'honneur dans la charrette des acteurs dits " démodés ". C'est oublier les grains de fantaisie dont il a parsemé des sujets d'Achard ou de Pagnol, ses duos avec Kate de Nagy ou ses pirouettes dans ce bon vieux Bossu.

LE HÉROS RIVAL :

Blanchar et Fresnay se sont souvent trouvés en position de concurrence. Ainsi, en ce même Théâtre de Paris où fut créé Marius, Roussin monte, en 1951, La Main de César ! Le râle principal du pharmacien et maire, Caligula Jupiote, qui répudie sa femme puis lui pardonne, échoit à Blanchar, affublé d'une casquette, d'une barbichette et d'un "accent" parfaitement fabriqué.

Dominique Blanchar eut deux filles, dont Dominique qui, de 1956 à 1961, a repris certains des rôles de Madeleine Ozeray auprès de Louis Jouvet. Elle a continué une carrière feutrée, principalement au théâtre.

 

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Biographie

Ses parents ne tenaient pas à ce que Pierre, de son vrai nom Blanchard, devienne acteur. Le Conservatoire, par deux fois, ne donnait pas l'impression d'avoir besoin de lui. Après la guerre, en 1919, il y est enfin accepté (ainsi que Charles Boyer, Philippe Hériat, Fernand Ledoux). Il n'y reste que deux ans et, avec un second prix, fonce vers le théâtre Antoine où règne Gémier. Déjà, le cinéma avait fait appel à lui, en 1920, pour Papa bon cœur, de l'acteur Jacques Grétillat. Sa double carrière, théâtrale et cinématographique, démarre donc presque simultanément, et continuera sans temps mort, avec de notables points forts, jusqu'à ce que le comédien passe de mode, injustement, vers 1950.

Au théâtre, ses auteurs sont Bernstein (notamment Mélo, avec Gaby Morlay), Pagnol (Jazz, avec Harry Baur), Dostoïevski (L'Idiot), Bourdet (La Prisonnière), Camus (Les Possédés), Achard (Nous irons à Valparaiso), Montherlant (Malatesta, chez Barrault, rôle du pape Paul II), Salacrou (L'Inconnue d'Arras), Vercors (Le Silence de la mer) ... Donc, du classique ou du Boulevard de qualité, Gide adaptant Sophocle (Œdipe roi) et Jeanson, Anna Bonacci (L 'Heure éblouissante, 1952, avec Suzanne Fion et Jeanne Moreau). En 1960, pour Jules César, il retrouve, à l'Odéon, la compagnie Renaud-Barrault.

Au cinéma, Pierre Blanchar ne s'écarte pas de son registre. Dans un de ses premiers rôles, en 1922 (Les Jardins de Murcie, de Mercanton et Hervil), il est un jeune poitrinaire; en 1927, il incarne Chopin dans La Valse de l'adieu, de Henry Roussel, et, en 1931, le gazé des Croix de bois (Raymond Bernard). Puis suivent beaucoup de rôles d'obsédés, d'hallucinés, de victimes désaxées. En 1932, il souffre les tourments du capitaine Saint-Avit, dans L'Atlantide, de Pabst. En 1935, c'est le début d'une belle série, qui comporte d'abord Crime et Châtiment, de Pierre Chenal; son Raskolnikov lui vaut la coupe Volpi au festival de Venise. Deux ans plus tard, grâce à ce même réalisateur, il devient le Mathias Pascal de Pirandello, dans L'Homme de nulle part. Puis Duvivier le distribue dans le médecin avorteur de Carnet de bal et Grémillon le place face à Raimu en petit cordonnier dans L'Étrange Monsieur Victor.

Le temps des combats:
L'Occupation suscite chez Blanchar un revirement étonnant. Outre deux films qu'il met en scène lui-même (Secrets, 1941; Un seul amour, 1943), le voici, en 1942, dans un personnage rappelant ce Capitaine Fracasse tourné en 1929 sous la direction de Cavalcanti, mais ne se contentant pas de chevaucher et de ferrailler : le colonel baron d'Empire Pontcarral (J. Delannoy) est le prototype du résistant dynamique. En 1944, Blanchar dénonce les "ambiguïtés" du chef-d'œuvre de Chavance et Clouzot, Le Corbeau, sorti l'année précédente, avec Fresnay dans le rôle principal.

À la Libération, il est nommé président du Comité de libération du cinéma français, il commente le montage d'actualités consacré à la libération de Paris et présente le film aux États-Unis, en qualité d'ambassadeur de notre cinéma. Ensuite, il ne tourne que des sujets dont les titres résument les intentions : Le Bataillon du ciel (Esway, 1945), Patrie (Daquin, 1945), où il incarne encore un résistant. viendront un noble pasteur (La Symphonie pastorale, Delannoy, 1946), un généreux docteur (Docteur Laennec, Cloche, 1949)..., puis l'oubli, du moins pour le cinéma, pendant une dizaine d'années. Il se consacre alors à des créations au théâtre et, notamment, aux huit cent cinquante représentations de L'Heure éblouissante. Cependant, on le revoit, l'œil toujours vif en 1961, dans Le Monocle noir, de Lautner, mais il n'en est pas la vedette.

Une carrière bâtie sur l'inquiétude :
Pendant la guerre de 1914-1918, Pierre Blanchar est pris dans un nuage d'ypérite: son souffle se fait plus court et son regard s'éclaircit de reflets étranges. "Un regard d'aigle, disait Cocteau, dans une cervelle de moineau". Dans Pontcarral, d'après Roger Régent, "toutes les lueurs de Wagram et de Léna passaient dans son regard qui semblait subjuguer l'appareil même". Ce qui différenciait Pierre Blanchar des autres jeunes premiers lorsqu'il a débuté ?... D'abord, un mépris absolu du style gravure de mode. Puis, un jeu plus cérébral que physique, romantique, ténébreux, très intérieur. La diction est volontairement irrégulière, le rire ne coule pas de source, le désespoir se devine en filigrane sous la nervosité. Il bâtit sa carrière sur l'inquiétude, qu'il en souffre ou qu'il la dispense. Ses meilleurs rôles sont donc ceux de personnages d'incompris ou d'illuminés parfois dangereux. "Il y a en Pierre Blanchar, écrit Cinémascope en 1932, une sorte de fièvre perpétuelle. Cette angoisse est sienne. Son visage ne ment pas : une tristesse profonde embue ses yeux rêveurs, ardents, inquiets... " Des yeux qui n'ont jamais vieilli.

Source : Didier Thouart et Jacques Mazeau. les grands seconds rôles du cinéma français. - Fait le 20 février 2011 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

54 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
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1961 - MONOCLE NOIR .LE

 

1959 - KATIA

 

1958 - DU RIFIFI CHEZ LES FEMMES

 

1949 - MON AMI SAINFOIN

 

1948 - DOCTEUR LAENNEC

 

1948 - BAL CUPIDON

 

1947 - APRÈS L'AMOUR

 

1946 - BATAILLON DU CIEL .LE

 

1946 - SYMPHONIE PASTORALE .LA

 

1945 - PATRIE

 

1944 - BOSSU .LE

 

1943 - SEUL AMOUR .UN

 

1943 - SECRETS

 

1942 - PONTCARRAL, COLONEL D'EMPIRE

 

1941 - PRIÈRE AUX ÉTOILES .LA

 

1941 - NEIGE SUR LES PAS .LA

 

1940 - EMPREINTE DU DIEU .L'

 

1939 - NUIT DE DÉCEMBRE

 

1938 - JOUEUR .LE

 

1938 - ÉTRANGE MONSIEUR VICTOR .L'

 

1938 - DIVORCE ROYAL .UN

 

1937 - FEMME SANS IMPORTANCE .UNE

 

1937 - DAME DE PIQUE .LA

 

1937 - CARNET DE BAL .UN

 

1937 - AFFAIRE DU COURRIER DE LYON .L'

 

1936 - SALONIQUE NID D'ESPIONS

 

1936 - HOMME DE NULLE PART .L'

 

1936 - COUPABLE .LE

 

1936 - BATELIERS DE LA VOLGA .LES

 

1935 - DIABLE EN BOUTEILLE .LE

 

1935 - CRIME ET CHÂTIMENT

 

1935 - AMANTS ET VOLEURS

 

1934 - TURANDOT, PRINCESSE DE CHINE

 

1934 - OR .L'

 

1933 - AU BOUT DU MONDE

 

1933 - IRIS PERDUE ET RETROUVÉE

 

1933 - CETTE VIEILLE CANAILLE

 

1932 - COUTURIÈRE DE LUNÉVILLE .LA

 

1932 - BELLE MARINIÈRE .LA

 

1932 - MÉLO

 

1932 - ATLANTIDE .L'

 

1931 - CROIX DE BOIS .LES

 

1929 - CAPITAINE FRACASSE .LE

 

1928 - TERRE PROMISE .LA

 

1928 - MARCHE NUPTIALE .LA

 

1928 - EN 1812

 

1926 - JOUEUR D'ÉCHECS .LE

 

1926 - VALSE DE L'ADIEU .LA

 

1924 - JUGE D'INSTRUCTION .LE

 

1924 - AUX JARDINS DE MURCIE

 

1923 - ARRIVISTE .L'

 

1923 - GENEVIÈVE

 

1922 - JOCELYN

 

1920 - PAPA BON COEUR

 

_______________________FIN_____________________

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