MILA PARELY

Vue 14983 fois

Profession:
Actrice française d'origine polonaise.

Date et lieu de naissance:
07-10-1917, à Vichy, Allier, France.

Date et lieu du décès:
14-01-2012, à Paris, France.

Cause du décès:
Probablement de cause naturelle à l'âge de 94 ans.

Nom de naissance:
Olga Colette Peszynsky. - Surnom : Madame Vichy.

État civil:
Mariée le 30 avril 1947 avec le pilote automobile : THOMAS MATHIESON - jusqu'au décès de Thomas en 1991.

Taille:
?

Commentaires: 0

Anecdotes

D’origine polonaise, née Olga Perzinsky à Paris le 7 octobre 1917, la future Mila Parely interrompt très jeune ses études de médecine pour effectuer des débuts remarqués sur les planches bruxelloises, et s’est déjà fait connaître en tant que chanteuse de l’orchestre de Rudy Vallée.

Entre les années trente et la fin des années 80, elle tourne dans une cinquantaine de films, notamment pour Sacha Guitry. Mais l’un des plus célèbres reste “La Belle et la Bête” de Jean Cocteau en 1946, où elle incarne Félicie, la sœur de la Belle, au côté de Jean Marais.

L’histoire prête d’ailleurs une idylle et un projet de mariage manqué entre la belle actrice slave et le jeune premier adulé des femmes, qui s’étaient rencontrés en 1942 sur le tournage du “Lit à Colonnes”. Ils étaient restés amis jusqu’à sa mort.

 

photos

(Glissez vers la gauche pour découvrir toutes les photos)

Biographie

Elle aurait pu finir sa vie entre Paris et Hollywood, non loin des paillettes et des projecteurs. Elle a choisi Vichy. Elle aurait pu prolonger sa carrière, puisqu’elle était au sommet de son talent et avait la reconnaissance du public comme celle des plus grands réalisateurs au moment où elle y a mis fin ; elle aurait pu poursuivre une vie d’actrice, juste assez médiatisée pour ne pas être oubliée en attendant d’entrer dans la Légende. Mais elle a préféré se retirer au cœur de la reine des villes d’eaux, une ville qu’elle aimait par-dessus tout. Elle y est restée jusqu'à ce samedi 14 janvier 2012, où elle s'est étiente, à l'âge de 94 ans.

« Vichy, c’est toute mon enfance. C’est là que j’avais tous mes souvenirs », confiait-elle à La Semaine de l'Allier il y a cinq ans, avec une voix grave, encore pleine d’émotion. Car Mila Parely, née Olga Perzynski en 1917 à Paris, connaissait Vichy bien avant de devenir l’une des grandes vedettes du cinéma français des années 1930 et de l’immédiate après-guerre. Sa mère, d’origine polonaise, après avoir connu des difficultés financières à la suite de la crise de 1929, y venait très souvent faire des cures et assister à des courses de chevaux. « Pour maman, Vichy était le plus bel endroit du monde », racontait-elle. Olga, elle, a très tôt voulu être actrice. Elle n’a que 14 ans lorsque, grâce à un ami de la famille, elle est engagée au studio de Joinville. Elle commence par de la figuration, obtient quelques petits rôles, et fait ses débuts au théâtre. En 1934, elle est remarquée dans Liliom, de Fritz Lang.

 

 

Elle décide alors de partir à New York pour parfaire sa formation artistique, et s’inscrit à l’École d’art dramatique de la Paramount où elle apprend le chant et la danse. Elle se produit dans la foulée à Broadway, dans Calling all stars de Spencer G. Bennett, puis accompagne, le temps d’une tournée, l’orchestre de Rudy Vallee. Hollywood est désormais tout proche, mais Mila, qui ne s’est pas toujours pliée aux règles du métier, lui préfère l’Europe.

Judicieux choix, semble-t-il, puisque débute alors une carrière qui la mènera aux côtés de nos “monstres sacrés” et la fera figurer au générique de bon nombre de classiques. En 1936, elle côtoie Raimu dans Les Jumeaux de Brighton, de Claude Heymann. Mila séduit. « Sa beauté extrêmement moderne s’ornait d’un profil délicat, front bombé, nez parfait, sourire tout d’éclat, yeux allongés en amande, pommettes hautes », soulignent les historiens du cinéma.

Mila, la beauté du diable et « un charme de séductrice perverse » , souvent comparée à Viviane Romance, se voit confier des rôles de femmes fatales, parfois frivoles, souvent cruelles. En 1938, Sacha Guitry, qui tourne Remontons les Champs Elysées, fait appel à elle pour remplacer Arletty qui vient d’avoir quelques mots avec une personne du plateau. Un an plus tard, elle incarne la marquise Geneviève de Marrast dans le chef-d'œuvre de Jean Renoir, La règle du jeu, aux côtés de Marcel Dalio. Le cinéaste lui-même est sous le charme. « Il me semblait que Jean Renoir la traitait de manière encore plus exquise que nous, si cela était possible. Il lui disait en plaisantant “Ah, si vous étiez libre” », racontera, plus tard, Marcel Dalio.

La guerre ralenti le rythme des tournages. En 1942 un film, cependant, Le Lit à Colonnes, de Roland Tual, lui permet de rencontrer Jean Marais, qu’elle retrouve en 1945 dans un autre chef-d'œuvre, La Belle et la Bête, de Jean Cocteau, où Mila interprète la méchante sœur de Josette Day. De cette rencontre naîtra une aventure, puis une profonde amitié qui ne cessera qu’avec le décès de l’acteur.
Au total, Mila Parely a joué dans plus de quarante films. Elle est restée, pourtant, très indépendante, électron libre prenant autant de plaisir à prononcer quelques phrases seulement pour un personnage qui lui tenait à cœur qu’à tenir de grands rôles. « La grandeur du rôle n’a rien à voir avec l’impact qu’il peut présenter », nous disait-elle lors de notre entretien, en juillet 2006.

Sa rencontre avec le coureur automobile d’origine écossaise Thomas Mathieson, dit Tasso, qu’elle épouse en 1947, va bouleverser sa vie. En 1951, elle tourne Le plaisir, de Max Ophüls, aux côtés de Danielle Darrieux et Jean Gabin. Ce sera l’une de ses dernières apparitions car, deux ans plus tard, Tasso est victime d’un accident de voiture qui le laisse très grièvement blessé. Mila met alors un point presque final à sa carrière pour se consacrer à son mari. « Il était plus important pour moi que ma carrière », explique-t-elle. Parce que son rétablissement nécessite un climat approprié, ils vivront en Angleterre, au Portugal, puis à Vichy.

Mila y entame alors une deuxième vie. Des difficultés financières la contraignent, semble-t-il, un temps, à tenir une boutique de parfums, ou encore à vendre des peintures de son ami Jean Marais. Surtout, elle met sa notoriété au service de la ville, dont le rayonnement culturel est encore à son apogée. En charge des relations publiques, notamment pour la Compagnie fermière de Vichy et pour la mairie, elle accueille les artistes lors de grandes manifestations culturelles et de fêtes. Partout, on l’appelle désormais “Madame Vichy”.

Durant ces années, le couple mène grand train, habite le Carlton, reste très entouré. « Mila était une femme très attachante, très affectueuse, et qui détestait les conflits », raconte Didier Gobillot, ancien directeur artistique de l’Opéra de Vichy, qui l’a bien connue. Les cinéphiles, eux, n’ont pas oublié son nom, encore moins son visage, mais s’interrogent sur son absence. Elle fait pourtant quelques apparitions au théâtre, et sur les écrans. En 1989, on la retrouve dans Comédie d’été, de Daniel Vigne, avec, entre autres, Jean-Claude Brialy. Un joli film qui ne lui fera pas quitter sa terre d’adoption, puisqu’il est tourné entre Châtelperron et Jaligny-sur-Besbre !

Ce n’est qu’après le décès de Tasso, en 1991, qu’elle se retire pour de bon. Elle mène alors une vie simple, plus solitaire, entourée d’animaux. « Ce qui m’a sauvée, dit-elle, c’est de m’intéresser à tout ». À plus de 90 ans, Mila Parely suivait d’un œil distrait le Tour de France, retrouveant avec émotion le parcours des coureurs à travers des lieux qu’elle a bien connus du temps où elle voyageait tant. « J’ai eu une vie bien remplie. J’ai toujours été libre. » Sur sa carrière, arrêtée sans doute avant d’avoir eu “le grand rôle” qu’elle aurait mérité, point de regret. « Mon seul regret est de ne pas avoir pu faire tout ce que j’aurais aimé faire pour Vichy. » A cette ville, où elle réside depuis plus de 20 ans, elle ne laissera pas d’enfant, mais d’inoubliables souvenirs, et peut être le plus beau cadeau, celui de l’avoir choisie pour refuge.

 

Source : .lasemainedelallier.fr - Fait le 17 janvier 2012 par Philippe de CinéMémorial.