LUCIEN COEDEL

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Profession:
Acteur et homme de théâtre français.

Date et lieu de naissance:
30-08-1899, à Paris, France.

Date et lieu du décès:
28-09-1947, à Blaisy-Haut, Côte-d'Or, Bourgogne, France
Inhumé au cimetière de Vanves.

Cause du décès:
Accident ou suicide sur une voie ferroviaire à l'âge de 48 ans.

Nom de naissance:
Lucien Eugène Coëdel.

État civil:
Fut marié à : LOLITA DE SILVA

Taille:
?

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Anecdotes

Fils de Louis et d'Ernestine, tout deux ouvrier et de milieux très modestes.

Hommage à Lucien Coëdel dans la bance annonce "La chartreuse de Parme"

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Ajout de la vidéo le 07 mars 2009 par Philippe de CinéMémorial.

 

photos

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Biographie

 

Lucien Coëdel naquit à Paris en 1899, dans une famille d'ouvriers. Après de brèves études à l'école primaire, il entra en apprentissage dans une usine de produits chimiques. Vint la guerre et il partit sur le front. C'est là qu'il commença à lire. Ces livres représentaient, en quelque sorte, une revanche sur son passé. Nul doute que sa passion du théâtre se soit confirmée à ce moment-là

Seulement, lorsqu'il fut démobilisé, il lui fallut gagner sa vie. Il entra dans une compagnie d'assurances. Et puis, un jour de 1922, il décida de se présenter à Fernand Ledoux qui était, à l'époque, professeur d'art dramatique. Il a raconté cette première rencontre : " Un dimanche matin, je vis arriver chez moi Lucien Coëdel, flanqué de son inséparable ami Chapitel... " " Que puis-je faire pour vous ? ", demandais-je. Et, timidement, Coédel me dit : " Mon camarade et moi nous voudrions faire du théâtre. Nous gagnons déjà notre vie : mon ami est menuisier et moi je gagne quatre cent cinquante francs dans les assurances. Mais, depuis quelque temps, nous nous produisons le dimanche dans les cafés de banlieue. Nous disons des monologues, après quoi Chapitel tient le piano et moi je fais des tours de prestidigitation" " Je demandai à Coëdel de me dire quelque chose. Il me joua La Paix chez soi, de Courteline et, jeune professeur, je reçus aussitôt de mon futur élève une belle leçon de vérité et de simplicité. Son instinct seul le guidait, il ne se perdait pas dans les méandres de l'analyse, il fonçait droit dans le texte, ne se gargarisant pas de mots mais vivant spontanément les personnages et la situation. "

C'est ainsi que Lucien Coëdel suivit des cours d'art dramatique, tout en continuant à travailler. Il accepte alors de participer à des tournées théâtrales payées deux sous. Il partit même au Canada, sous contrat, pendant quelques années. En 1936, il avait déjà interprété près de cent rôles différents. Il était mûr pour une carrière plus prestigieuse. Déjà en 1935, il avait obtenu un succès considérable dans la pièce Les Jours de notre vie, où il avait pour partenaires des acteurs tels que Serge Reggiani, Louis Salou, Jean Parèdès. Mais ce n'est qu'à partir de l'année suivante que le cinéma lui ouvrit ses portes. Il fit d'abord des silhouettes dans Le Coupable, de Raymond Bernard, Nitchevo, de Jacques de Baroncelli, Le Messager, de Raymond Rouleau et Mollenard, de Robert Siodmak, puis il obtint des rôles plus importants dans Nord Atlantique, de Maurice Cloche et dans Courrier d'Asie, seul film réalisé par le célèbre écrivain Oscar-Paul Gilbert.

(Il est intéressant de noter que Lucien Coédel tourna dans trois autres films adaptés de romans ou de scénarios signés par cet écrivain : Mollenard, Nord Atlantique et Le journal tombe à cinq heures.) Grâce à ces films, Lucien Coëdel commençait à se faire connaître comme un bon acteur de composition lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata. L'élan aurait pu être rompu : il n'en fut rien. Il eut un petit rôle (l'un des marins du " Cyclope ") dans le très célèbre Remorques, de Jean Grémillon, puis, en 1941, il tourna sept films parmi lesquels on peut retenir L'Assassinat du père Noël et La Symphonie fantastique, de Christian-Jaque, Les Inconnus dans la maison, d'Henri Decoin et Nous les gosses, de Louis Daquin.

De film en film, il finit par se faire reconnaître et aimer du public. La consécration vint avec le rôle de Garcia le Borgne qu'il interpréta dans Carmen, réalisé à Rome par Christian-Jaque. Jacques de Baroncelli l'appela pour jouer le Chourineur dans Les Mystères de Paris. Il avait ce talent de communiquer à chacun de ses personnages l'humanité qui l'habitait lui-même. Il fut à nouveau engagé par Christian-Jaque pour Le Voyage sans espoir. Désormais, Lucien Coëdel était au sommet de sa carrière.

À partir de 1949, il obtint quelques premiers rôles, cinq exactement (dont celui de Roger Laroque, dans Roger la Honte et La Revanche de Roger la Honte, d'André Cayatte), mais ces films ne méritent pas vraiment de rester dans nos mémoires. On le revit encore dans L'Idiot, de Georges Lampin, où il sut trouver sa place entre Gérard Philipe et Edwige Feuillère, puis dans La Chartreuse de Parme, de Christian-Jaque, où il interpréta l'un de ses plus beaux rôles, celui de Rassi, le chef de la police du prince Ernest IV (interprété par Louis Salou).

Le 28 septembre 1947, Lucien Coédel venait de tourner les extérieurs de son dernier film, La Carcasse et le Tord-Cou, de René Chanas, et il devait regagner Paris. À Morez, il prit le train en compagnie de sa femme, Lolita de Silva, et de l'acteur Louis Seigner. Au milieu de la nuit, Lucien annonça qu'il se rendait aux toilettes. Personne n'y prêta vraiment attention excepté Louis Seigner qui ne dormait pas. Soudain, ce dernier réalisa que Lucien était parti depuis bien longtemps. Il partit à sa recherche. Il ne trouva personne dans les toilettes mais, par contre, la porte donnant accès à la voie était grande ouverte. L'alerte fut donnée et le lendemain matin on devait retrouver le corps de l'acteur dans le secteur ferroviaire de Blaisy-Haut.

Une enquête fut aussitôt ouverte, et tout le monde s'accorda à retenir l'hypothèse de l'accident. Certes, il est évident que 'l'hypothèse du suicide est bien improbable et que celle du crime crapuleux ne peut être étayée. Quoi qu'il en soit, cette mort dramatique ne fut jamais totalement éclaircie. Mais le plus important et le plus tragique est que ce 28 septembre 1947 disparaissait, à quarante-huit ans, l'un des tout premiers seconds rôles du cinéma français.

Source : Didier Thouart et Jacques Mazeau. Les grands seconds rôles du cinéma français.