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Hommage à JACQUES FABBRI
Ajout de la vidéo le 11 novembre 2010 par Philippe de CinéMémorial
Son grand-père Annibale savait dessiner avant d'écrire, son père Alphonse envoyait ses compagnons reconstruire le temple d'Angkor, en staff, à l'Exposition coloniale de 1937. Jacques-Claude Fabbricotti choisit le théâtre et, en 1946, fait son apprentissage au Vieux-Colombier. En 1947, le metteur en scène Douking le distribue dans le fils du boucher de Lucienne et le boucher, d'Aymé. Il travaille toutes les nuits dans des cabarets, caves et clubs. En 1952, dans Edmée, de Bréal, il est épinglé par Jean-Jacques Gautier : " Un anthropoïde dont il vaut mieux se méfier. " En 1953, un de ses compagnons, Gabriel Jabbour, lui signale l'existence d'un concours des jeunes compagnies. Illico, il en crée une, présente sa version de La Vertu en danger, de sir John Bruck, et remporte le premier prix. Il enchaîne avec Le Fantôme, de Plaute, adapté par Claude Santelli, et Les Hussards, de Pierre-Aristide Bréal. En 1955, La Famille Arlequin, de Santelli, hommage à la commmedia dell'arte, décroche le prix Molière.
La compagnie dure dix-sept ans, avec dix-sept personnes, sans un centime de subvention : on ne prête pas aux gens qui font rire. En 1970, l'année de la grosse faillite, Fabbri joue Fadinard, dans Le Chapeau de paille d'Italie qu'il a mis en scène au Théâtre de la Ville. Cette seconde carrière continue brillamment avec le vaudeville. Pauvre France, de Ron Clark et Bob Rick (1971), joué plus de huit cents fois. Ensuite, il interprète Neil Simon, Anouilh, Dorin et David Mamet (chez Maréchal, à Marseille).
Il devient très populaire, en 1972, avec la série télévisée des treize Schulmeister, de J.-P. Decours. En 1987, dans La Baleine blanche, de Jacques Lanzmann et Jean Kerchbron, il est un grand-père juif mystique, sur les hauteurs du Tibet.
Des grommelots aux moulins à prières :
Jacques Fabbri est influencé par les bateleurs, mais son grand maître est Tiberio Fiorilli. Virtuose du grommelot, il joue volontiers d'un ahurissement qui se résout en rires saccadés. Ses gags sont conditionnés davantage par l'évolution des objets et des corps que par la psychologie. Même très " gros ", ils sont entraînés par la rapidité légère de l'ensemble. Son embonpoint dissimule des ballons multicolores prêts à s'envoler.
Privé de sa compagnie, il élimine petit à petit les mécanismes du rire qui avaient tendance à virer aux tics. Avec son âge même, il ne triche plus. Sa nature exubérante se plie aux désarrois, aux brisures, aux violences avortées. Sa barbe poivre et sel et un profil très " romain " s'accordent bien aux personnages méditatifs. Dans le regard subsiste toujours une étincelle d'humour.
Source : André Sallée "Les Acteurs Français". - Fait le 11 novembre 2010 par Philippe de CinéMémorial.
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