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Hommage à DENISE GREY, dans un extrait du film "La Boum 2"
Mise à jour le 15 septembre 2008 par Philippe de CinéMémorial.
Elle disait : « J’ai envie d’être centenaire, comme Pinay ! » Denise Grey, qui vient de mourir, samedi, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, était la doyenne des comédiens français et avait fait ses adieux à la scène à Paris le 31 décembre 1991, après plus de soixante-dix ans de carrière. Douée d’une vitalité prodigieuse, elle avait tenu son dernier rôle à quatre-vingt-quinze ans, dans « la Soupière », une comédie de boulevard de Robert Lamoureux, où elle jouait une désopilante tantine aux prises avec un neveu dépensier.
En juillet 1987, le public du théâtre Antoine, debout, l’avait ovationnée pendant quarante-cinq minutes la comédienne, alors qu’âgée de quatre-vingts ans, elle venait d’incarner la vieille dame excentrique et passionnée de « Harold et Maude ». Un rôle sur mesure pour celle qui déclarait : « Le secret de ma longévité, c’est d’aimer la vie, et surtout les gens. »
Née le 17 septembre 1896 à Turin, la future comédienne, de son vrai nom Edouardine Dunkel, occupe sa première loge à l’âge de deux ans : ses parents, récemment débarqués à Paris avec leurs douze enfants, sont concierges dans le quartier de l’Opéra. Nantie d’un seul certificat d’études, elle est tour à tour apprentie, vendeuse dans une parfumerie, puis mannequin. Elle débute sur les planches en 1915, dans le rôle d’une modeste figurante aux Folies-Bergère. Remarquée par Yvonne Printemps, Saint-Granier, Max Dearly et Victor Boucher, elle débute dans l’opérette (« la Belle Hélène », « la Geisha »...) jusqu’au jour où l’homme de sa vie meurt dans un accident : elle décide d’abandonner les planches. Elle tient parole pendant sept ans avant de retrouver la scène. Dès lors elle s’engage dans une longue carrière théâtrale qui, du vaudeville, la mènera à la Comédie-Française dès 1942 (Dorine dans « Tartuffe » et « les Fiancés du Havre » de Salacrou) - elle rejoindra la Comédie-Française une deuxième fois, en 1957, comme pensionnaire - en passant par les scènes parisiennes les plus prestigieuses sur lesquelles elle créera « les Temps difficiles » d’Edouard Bourdet et « La vie est trop courte » d’André Roussin.
Elle y est la partenaire de Raimu, Gaby Morlay... jouant aussi bien des vaudevilles, des pièces de boulevard - 692 fois « le Tube » de Françoise Dorin aux côtés de François Périer - que le théâtre de Jean Anouilh. Parallèlement, elle prête son humour et sa pétulance à quelque 80 films parmi lesquels « Romance à trois » (1942) de Roger Richebé, « l’Honorable Catherine » (1943) de Marcel L’Herbier, « Adieu Léonard » (1943) de Pierre Prévert, « le Diable au corps » (1946) de Claude Autant-Lara, « le Mouton à cinq pattes » (1954) d’Henri Verneuil. Plus récemment, elle a interprété, dans « la Boum » 1 et 2, de Claude Pinoteau, la grand-mère au tempérament volcanique de la toute jeune comédienne Sophie Marceau, avant de tourner, en 1988, « les Saisons du plaisir » de Jean-Pierre Mocky, aux côtés de Charles Vanel. En 1992, elle déclarait à la radio : « Je suis très sereine. Devant l’inéluctable, on ne peut rien faire. Alors, je ne vais pas me faire du chagrin à l’avance, évidemment. Souvent, on me demande : est-ce que vous pensez souvent à la mort ? Bien sûr, je pense souvent à la mort, mais je ne veux pas me rendre malade pour ça »...
Source : L'Humanité - Fait le 15 septembre 2008 par Philippe de CinéMémorial. |