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Hommage à CLAUDE DAUPHIN dans un extrait de Casque d'or.
Ajout de la vidéo le 27 janvier 2010 par Philippe de CinéMémorial
Son père, Franc-Nohain, est fabuliste. Son frère aîné, Jean Nohain, fera fabuler bien des braves gens avec ses émissions de radio et de télévision. Claude Dauphin, de son vrai nom Legrand, débute à dix-neuf ans comme décorateur au théâtre de l'Odéon, puis pour le cinéma. C'est sur un plateau orné de l'un de ses décors qu'il est amené, en 1930, à remplacer un comédien, dans Langrevin père et fils. De fort insignifiants metteurs en scène, dès lors, s'empressent de lui faire tourner trois ou quatre films par an. Mais, pour ses trente et un ans, Augusto Genina lui permet, aux côtés de Gaby Morlay, dans Nous ne sommes plus des enfants, d'exprimer le désespoir pour un couple de ne pouvoir, jamais, repartir à zéro. En 1938, Dauphin apporte à Entrée des artistes, de Marc Alllégret, l'élégance du cœur.
En zone sud, après 1940, il s'intègre à la compagnie du Rideau-Gris, de Ducreux et Roussin, crée, en 1942, Une grande fille toute simple, de Roussin, avec Madeleine Robinson et Gérard Philipe. Il tourne, grâce à Marc Allégret, La Belle Aventure et Félicie Nanteuil. Il s'éclipse pour Londres et les Forces françaises libres. Son premier rôle, lorsqu'il revient, est Cyrano de Bergerac (Rivers, 1945).
Le travail le mène souvent hors de France, car c'est un curieux, avec des réalisateurs aussi différents et prestigieux que Mankiewicz, Monicelli, Ophüls, Preminger, Polanski, Scola et beaucoup de nouveaux, tels que Allio, Zulawski et Juan Buñuel, fils de Luis. Il doit à Jacques Becker, en 1952, son personnage le plus marquant : Leca, le veule chef de bande de Casque d'or. Au théâtre, entre autres, il est fidèle à Ducreux et Roussin, exporte à Broadway Sartre et son Huis-clos, interprète son frère Jean et cultive Bernstein. En 1965, 1966 et 1967, au théâtre de la Commune, à Aubervilliers, il reprend La Mort d'un commis voyageur, de Miller. En 1968, L'Amante anglaise de Duras, avec Renaud, est son dernier spectacle.
Dauphin d'eau douce:
À ses débuts, c'était, selon Jean-Pierre Aumont, "une pauvre figure pas maquillée, une voix hésitante, un balancement sur la pointe des pieds, yeux baissés, sourcils en l'air, mèche tombante". Ainsi, il échappait à la désinvolture des jeunes premiers à la mode. Lorsque sa verve a pu enfin se libérer, elle ne grinçait que dans des rôles où il devait forcer la note: alors, il recourait aux procédés hérités de son séjour attentif à l'Odéon, et s'en voulait certainement de ces guignolades. Il n'était vraiment lui-même que lorsque son fin visage d'humaniste s'inscrivait sur l'écran sans le moindre fard. Il est peu de comédiens qui peuvent s'honorer d'une telle transparence.
Il mourut d'une occlusion intestinale à l'âge de 75 ans à Paris et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Source : Didier Thouart et Jacques Mazeau. les grands seconds rôles du cinéma français.
: Fait le 25 février 2010 par Philippe de CinéMémorial.
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