BERNADETTE LAFONT

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Profession:
Actrice et dame de théâtre française.

Date et lieu de naissance:
28-10-1938, à Nîmes dans le Gard en France.

Date et lieu du décès:
25-07-2013, à la CHU de Nîmes dans le Gard en France.

Cause du décès:
D'un malaise cardiaque à l'âge de 74 ans.

Nom de naissance:
Bernadette Paule Anne Lafont. - Surnom : La vamp villageoise.

État civil:
Mariée en 1957 avec l'acteur : GÉRARD BLAIN - Divorcée en 1959.

Mariée en seconde noce en 1959 avec le sculpteur hongrois : DIOURKA MEDVECZKY.
Ils eurent trois enfants : Pauline, Élisabeth et David.
Pauline Lafont est décédée à l'âge de 25 ans à la suite d'un accident.

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Anecdotes

Née le 26 octobre 1938 dans une famille protestante - son père était pharmacien, sa mère voulait un garçon - Bernadette Lafont se destinait à la danse, avant d'épouser le comédien Gérard Blain. Avant de se séparer, ils auront eu le temps de lier leur sort aux jeunes auteurs de la revue Les cahiers du cinéma qui vont révolutionner le cinéma français avec la «Nouvelle Vague».

Après Les Mistons de Truffaut, Claude Chabrol donne à Bernadette Lafont le rôle d'une pulpeuse et irrésistible garce de village dans Le beau Serge (1958).

En 1995, elle reçoit le prix Reconnaissance des cinéphiles à Puget-Théniers qui lui est attribué par l'association Souvenance de cinéphiles pour l'ensemble de sa carrière.

Elle est faite Officier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2009

Mère de 3 enfants, elle a été profondément atteinte par le drame de la perte de sa fille cadette Pauline, disparue en 1988 à l'âge de 25 ans au cours d'une randonnée solitaire dans les Cévennes. Après de fausses rumeurs de fugue, son corps sera retrouvé 3 mois après sa disparition. Egalement actrice, elle s'était notamment illustrée dans le film de Gérard Krawczyk " L'Eté en pente douce " (1987). Bernadette Lafont se réfugiera dans le travail (" Le théâtre et le cinéma m'ont sauvé ").

Bernadette Lafont publiait un livre : (Mes enfants de la balle - Éditions Carrère), où l'on trouvera le portrait le plus juste qui soit de sa fille.

 

photos

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Biographie

Hommage à BERNADETTE LAFONT.

 

Source de la vidéo : Catherine Manfredi -- Ajout de la vidéo le 28 juillet 2013 par Philippe de CinéMémorial

BERNADETTE LAFONT (28.10.1938 - 25.07.2013)

À Nîmes, elle prend des cours de danse auprès d'un professeur de l'opéra pour faire plaisir à papa mais c'est le théâtre qu'elle aime et c'est lors d'un spectacle donné dans les arènes qu'elle tombe folle amoureuse de Gérard Blain. A Cannes, c'est vêtue d'un simple maillot de bains sur la plage qu'elle tape dans l'œil de deux inconnus célèbres François Truffaut et Claude Chabrol. Gérard Blain, révélé trois ans plus tôt par le film d'Hervé Bromberger " Les fruits sauvages " (1954) où il partageait l'affiche avec sa jeune épouse Estella Blain, divorce pour épouser Bernadette Lafont, éclatante de fraicheur et de charme en 1957. Elle a 19 ans. François Truffaut les réunit dans son second court-métrage " Les Mistons " (1957). Le couple d'amoureux y sera persécuté par une bande de gamins frustrés ne pas être en âge d'aimer Bernadette, l'objet de leur désir. Ainsi par sa première apparition au cinéma, filmée dans les décors naturels de sa ville natale, Bernadette Lafont illustrera les prémisses d'un cinéma en recherche de renouvellement, soucieux de révéler sans artifices la réalité d'une jeunesse méconnue par les réalisateurs de l'époque. Un mouvement se prépare, il sera baptisé "Nouvelle Vague ", sa première muse est une nymphe qui enflammera les passions, elle se nomme Bernadette Lafont.

 


Gérard Blain et Bernadette dans : Les Mistons.

Claude Chabrol, qui désespère de trouver un financement pour réaliser son scénario nourri par l'amertume que lui inspire l'image artificielle de la société qu'exprime le cinéma français, peut, grâce à un héritage, mettre en œuvre son projet. Il tournera " Le Beau Serge " (1958) dans le village de son enfance où il pourra imposer en toute liberté une sombre critique de la société et de la famille de la fin des années 50. Bernadette Lafont fera partie de l'aventure aux côtés de Gérard Blain et Jean-Claude Brialy. Les acteurs y affirment la finesse de leur talent, Bernadette Lafont irradie le film qui la fait connaitre du grand public. Elle se sépare alors de Gérard Blain, qui refuse qu'elle persévère dans la voie du cinéma et épouse le sculpteur Diourka Medveczky qui lui fera découvrir l'univers passionnant des artistes de la Rive Gauche, où s'épanouira son goût de la liberté et la joie de briser les tabous.

Ayant commencé sa carrière avec deux réalisateurs débutants parmi les plus prestigieux de cette nouvelle génération, Bernadette Lafont sera parfois abusivement présentée comme l'Egérie de la Nouvelle Vague. Ce serait oublier que d'autres réalisateurs de ce mouvement (Jean-Luc Godard, Eric Rohmer,...) ne tourneront jamais avec elle (bien que Godard eût envisagé, au cas où il ne pouvait obtenir Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans " A Bout de Souffle " de faire incarner le couple mythique par Charles Aznavour et Bernadette Lafont). Ce serait aussi faire injure à la mémoire d'autres inspiratrices que furent notamment, Anna Karina, Jeanne Moreau, Jean Seberg. De fait, Bernadette Lafont n'aura de cesse au long de la cinquantaine d'années qui constituent son abondante filmographie de se partager entre cinéma d'auteur (parfois avant-gardistes avec Philippe Garrel, Jacques Rivette, Luc Moullet ou son deuxième époux Diourka Medveczky) et films populaires (nanars compris).

Sa singularité tient à l'image nouvelle de la femme qu'elle offre à plusieurs générations de réalisateurs et de scénaristes. A l'heure où le cinéma vient de découvrir la sensualité naturelle et solaire de Brigitte Bardot, incarnant ingénues et effrontées, elle apportera aux cinéphiles l'image de la jeune rebelle décomplexée et insolente. Contrairement à la célébrissime star dont le mythe se construit sur les charmes naturels de son physique, elle saura ironiser sur l'attraction érotique de ses avantages jusqu'à ringardiser l'image de la vamp. Cette distanciation lui permettra d'ouvrir son jeu à un perpétuel renouvellement et d'incarner à tous les âges des figures décalées, voire satiriques de la femme, de la jeune sauvageonne révoltée à la grand-mère amorale et délurée...

 


Aux côté de Stéphane Audran dans le film : Les Bonnes Femmes.

Dans " Les Bonnes Femmes " (1960), où Claude Chabrol brosse, à partir du scénario de Paul Gégauff, une peinture cynique de jeunes femmes qui trompent la vacuité de leur vie dans la recherche d'aventures d'un romantisme de pacotille, elle est Jane, la plus insolente des quatre héroïnes, qui flirte avec son petit ami soldat (Claude Berri) tout en enchainant les rencontres décevantes avec des dragueurs lourdauds. Le film sera jugé scandaleux et fera l'objet d'un rejet violent. Au cours de cette première décennie, Bernadette Lafont se verra offrir des rôles (plus souvent seconds que premiers) de caractère parmi lesquels trois soubrettes de comédie (" A Double Tour " de Claude Chabrol (1959), " L'Eau à La Bouche " de Jacques Doniol-Valcroze (1960) et " Le Voleur " de Louis Malle (1967) qu'elle interprétera avec bonheur mais en se gardant bien de se laisser enfermer dans l'emploi. Sa prédilection pour saper les tabous lui fera accepter d'apparaitre dans la satire du monde du spectacle de Marc'O " Les Idoles " (1968) sous les traits de Soeur Hilarité, personnage parodique de Sœur Sourire.

Mais à la fin de cette première décennie c'est Nelly Kaplan qui rappellera au souvenir du grand public la nature iconoclaste de Bernadette Lafont dans " La Fiancée du Pirate " (1969). Elle y incarne la romanichelle Marie qui sera avec sa mère tolérée par les petits notables du village de Tellier au prix d'une humiliation et d'une exploitation constante proche de l'asservissement. A la mort de sa mère, elle organise une fête païenne à laquelle elle attire les hommes du village. Le mépris et la crainte des villageois se transforment en haine dont la victime expiatoire sera le seul confident de Marie : son bouc noir. Marie se vengera en envoutant les mâles (et même une femme), les soumettant à ses charmes. Elle exploitera alors à son tour leur faiblesse en les dépossédant de leurs biens les plus précieux, l'argent et leur respectabilité qu'elle détruit en dévoilant leur veulerie et leur vices. La savoureuse victoire de la misère et de l'immoralité sur les nantis bien-pensants et hypocrites donnera à cette fable moderne le souffle libertaire qui convient à Bernadette Lafont.

 


Truffaut dirigeant Bernadette dans : Une Belle Fille Comme Moi.

Les années 70 sont d'abord marquées par ses retrouvailles avec François Truffaut qui en fait l'héroïne de " Une Belle Fille Comme Moi " (1972). Elle insuffle son dynamisme et sa sensualité au personnage de Camille, une détenue délurée qui confie à un rigide étudiant en sociologie (André Dussollier) le récit truculent d'une vie sans scrupules consacrée à employer tous les moyens pour devenir une chanteuse à succès. Accusée de divers crimes et de tentatives de meurtre, cette garce digne " qui ne couche pas sans raison ", sacrifie toute idée saugrenue de romantisme aux relations utiles à sa lutte pour survivre. Sous le charme, le thésard, à la suite d'un combat acharné, parvient à faire admettre l'innocence de la belle, qui une fois libérée s'empressera de le faire condamner à sa place pour un de ses crimes.

L'année suivante c'est le film culte de Jean Eustache " La Maman et La Putain " (1973). Vu par seulement 60.000 spectateurs réceptifs aux nombreuses références littéraires et cinématographiques, indifférents aux difficultés d'accessibilité de cette vaste fresque (3 h 30), il est considéré par les uns comme la quintessence du cinéma de la Nouvelle Vague, par d'autres comme le reflet le plus fidèle de " l'esprit " de Mai 68. Réalisé dans des conditions extrêmes d'urgence et de précarité (4 semaines de tournage, 700.000 Francs de budget, une prise unique pour chaque scène, des dialogues fournis qui mettent à rude épreuve la mémoire des comédiens), ce film unique est un véritable monument du cinéma français. L'histoire d'un trio amoureux, dans un premier temps accepté par les deux maîtresses d' Alexandre (Jean-Pierre Léaud), qui sera finalement sommé de choisir entre Marie, la maman (Bernadette Lafont) et Veronika, la putain (Françoise Lebrun). Cette œuvre d'une lucidité désespérée est aussi le portrait de deux femmes splendides. La même année Bernadette Lafont participe à une petite comédie érotique de Nina Companeez " L'Histoire Très Bonne et Très Joyeuse de Colinot Trousse Chemise " (1973) annoncée comme la dernière prestation cinématographique de Brigitte Bardot. La star internationale (qu'elle admire) de 4 ans son ainée prend sa retraite, alors que la pétulante comédienne n'a pas encore terminé le premier tiers de sa filmographie.

 


Avec Catherine Deneuve dans : Zig Zig.

La liberté de choix que s'accorde Bernadette Laffont la conduit à participer souvent à des premiers films. Elle accompagnera ainsi au début des années 70 le comédien Laszlo Szabo dans sa tentative de passer à la réalisation. Elle sera Madeleine dans son premier film " Le Voyage Du Lieutenant Le Bihan " (1971), un court-métrage, puis Bernadette dans " Les Gants Blancs Du Diable " (1973), son premier long métrage, pour partager la vedette du film suivant " Zig Zig " (1975) avec Catherine Deneuve qui acceptera de participer à la production. Les deux actrices prennent un réel plaisir à jouer ce duo improbable de chanteuses de beuglant qui se prostituent. Le public ne suit pas, c'est un échec commercial pour ce film insolite et insolent que l'auteur ne maitrisera pas à force d'hésiter à prendre parti entre le réalisme poétique, la bouffonnerie burlesque, le pastiche de polar et le mélodrame psychologique. L'idée de plan de carrière lui étant totalement étrangère, l'icône de la Cinémathèque participera à toute une flopée de purs nanars sous la direction de " spécialistes " du genre : Jean-François Davy, Michel Vocoret, Michel Caputo...dans lesquels elle croisera parfois Michel Galabru qui la convaincra définitivement de faire du théâtre, où elle connaîtra bientôt l'authentique plaisir que procure la scène aux comédiens.

 


Avec ses deux filles Pauline et Élisabeth

Décembre 1979, Bernadette Lafont veut aider ses deux filles Pauline et Elizabeth qui rêvent de devenir comédiennes et chanteuses. Elle le fait, à sa façon. La maman, jeune quarantenaire, pose avec ses filles nues dans le magazine " Lui ". Pauline Lafont, dont la carrière de comédienne sera dramatiquement interrompue par son tragique accident, semble tracer sa route dans les pas de sa mère et leurs parcours se croiseront à une occasion. Tout en participant à des comédies populaires, Pauline Lafont retient l'attention de deux réalisateurs au goût prononcé pour le cinéma sarcastique Claude Chabrol et Jean-Pierre Mocky. Claude Chabrol offrira à Pauline son premier rôle marquant dans "Poulet Au Vinaigre " (1985), la première aventure du policier caustique et gastronome (Jean Poiret), dont on apprendra dans le second opus, " L'Inspecteur Lavardin " (1986), que son amour de jeunesse fut Hélène, interprétée par Bernadette Lafont. Claude Chabrol rappellera Bernadette Lafont pour son film suivant, " Masques " (1987) où elle campe la réjouissante masseuse d'un animateur de TV (Philippe Noiret) dégoulinant de bons sentiments sur le petit écran et se révélant, en son domaine privé, un odieux personnage qui remporterait peut-être la palme du plus beau salopard de l'univers chabrolien.

Pour Jean-Pierre Mocky, Bernadette Lafont campera quatre compositions de son bestiaire. Dans " Le pactole " (1982), elle sera la mère d'Anne, interprétée par Pauline Lafont, épouse du démineur Yves (Richard Bohringer) qui ne supportant plus de risquer sa peau pour offrir une vie médiocre à sa femme commettra un hold-up dans le supermarché du quartier. Dans " Les saisons du plaisir " (1988) elle sera mère possessive et épouse frustrée et obsédée d'un Jean-Luc Bideau boulimique. Dans " Une nuit à l'Assemblée nationale " (1988), la satire politico-burlesque maudite de l'auteur, elle sera Madame Dugland, épouse du peu scrupuleux député-maire Dugland (Luc Delhumeau). Dans " Ville à vendre " (1992) elle sera l'inspectrice Claire Derain chargée par la PJ de démêler l'imbroglio du jeu de massacres qui accable la petite ville de Moussin. Son rôle de Léonie, la nounou de Charlotte Gainsbourg dans " L'Effrontée " (1985) de Claude Miller, lui vaudra le César du meilleur second rôle féminin. Bernadette Lafont fait face avec sa gouaille et son bon sens aux révoltes de la jeune adolescente.

Dans les années 90, peu de grands rôles pour le cinéma qui la délaisse un peu. Elle se produira donc au théâtre et tournera de nombreux téléfilms, ce qui lui permettra de conserver une belle popularité auprès du grand public. Bernadette Lafont renoue cependant avec la fibre iconoclaste de ces débuts dans " Personne Ne m'Aime", le premier film de Marion Vernoux (1994). Annie (Bernadette Lafont), qui vient de se faire virer par son mec, retrouve sa sœur Françoise (Bulle Ogier) petite bourgeoise certaine du bonheur qu'elle vit avec son mari (Jean-Pierre Léaud) jusqu'à ce que son absence pour un congrès nourrisse un soupçon d'infidélité. Un départ en camping-car sur les lieux s'improvise pour tirer les choses au clair. Curieux mélange de mélodrame et de comédie où les blessures du temps n'excluent pas les tendresses que l'on tait par pudeur. Le voyage embarque d'autres protagonistes (Michèle Laroque, Maaike Jansen), prend des détours imprévus, connait des accélérations et des pauses. Les plaies simples de la vie s'égrènent sans emphase : on reste ensemble pour les enfants, puis ils partent à cause de nous ; on se quitte pour les mêmes raisons que l'on s'est aimé....Et dans cette océan de désillusions, le vrai bonheur conjugal de Maaike Jansen surnage encore et déclenche la colère irrésistible de Bernadette Lafont : " Vous vous aimez vraiment ou c'est pour me faire chier ? ". Merveilleuses comédiennes, belles vitalités.

 


Les Petites Vacances.

Années 2000, l'âge s'avance . Les scénaristes mettent rarement les grand-mères au premier plan de leur histoires. Saura-t-elle franchir le cap et appartenir au club restreint des comédiennes qui parviennent à trouver encore des rôles intéressants dans cette période de leur vie ? Réponse positive. En 2006 elle joue le rôle principal de " Les Petite Vacances " d'Olivier Peyron, encore un premier long-métrage. Confinée au rôle convenu de grand-mère modèle, soucieuse de se montrer pédagogue et dynamique, Danièle (Bernadette Lafont) accompagne, comme pour chaque vacance ses petits enfants à leur père, l'ex-mari de sa fille. Mais le père étant absent, le séjour en leur compagnie se prolonge. La vielle femme se laisse submergé lentement par des sentiments enfouis. Le malaise du temps qui passe, du temps qui reste, du temps qui se rétrécie laissant peu de chance d'échapper à l'ennui et la lassitude. Insensiblement la vitalité de ses petits enfant redonne une couleur à sa vie. Comment dès lors renoncer à ce dernier bonheur en se séparant d'eux. L'idée du kidnapping s'insinue peu à peu. Bernadette Laffont est renversante de sensibilité, émouvante et dérangeante à la fois.

Elle sera aussi de la distribution d'un des plus gros succès commercial de l'année la comédie " Prête-moi ta main " qu'Eric Lartiguaud réalisera à partir d'une idée d'Alain Chabat qui se réserve le premier rôle aux côtés de Charlotte Gainsbourg. Quarantenaire sommé par une famille matriarcale (Un mère, Bernadette Lafont et 5 sœurs) de se marier, Luis Costa (Alain Chabat) loue les services d'Emma (Charlotte Gainsbourg) pour jouer la fiancée parfaite qui s'évaporera mystérieusement le jour du mariage ; Hélas la famille persuadée que le départ de la délicieuse Emma ne peut être causée que par une indélicatesse de Luis, ce dernier doit la retrouver à tout prix. Le nouveau marché qu'il passe avec Emma est cette fois de se rendre détestable auprès de sa famille. Tâche dont elle s'acquitte à la perfection, alors que Luis tombe réellement sous son charme. Merveilleux film de comédiens : Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont seront tous les trois nommés aux Césars.

Et puis il serait presque inconvenant de terminer cette mini-biographie sans parler de " Paulette " de Jétôme Enrico (2013) dernier film projeté au public au moment de son décès. Elle y interprète une grand-mère, ancienne pâtissière dans la misère qui décide de mettre ses talents de commerçante au service d'un trafic lucratif de cannabis. Une fois encore Bernadette Lafont usera de l'immoralité de la société au profit de sa survie. Si l'idée n'est pas neuve, il conviendra de rendre hommage à son interprétation en toute liberté de cette mamie délurée.

Un dernier film " Attila Marcel " de Sylvain Chomet devrait sortir en Novembre 2013. Bernadette Lafont y joue en compagnie d'Hélène Vincent deux vieilles aristocrates donnant des cours de danse, et désireuses de voir leur neveu trentenaire, Paul (Guillaume Gouix) qu'elles ont élevé et qui leur sert de répétiteur, devenir un pianiste virtuose. Heureusement Paul rencontrera Madame Proust (Anne Le Ny) vieille excentrique auprès de laquelle il trouvera la clé pour vivre enfin sa vie.

Notons enfin qu'au moment de sa disparition Bernadette Lafont s'apprêtait à devenir la grand-mère du Petit Nicolas dans la suite de ses aventures, " Les vacances du petit Nicolas " de Laurent Tirard. Ce n'est pas pour autant qu'elle n'appartiendra pas à l'univers de Goscinny et Sempé. Souvenez-vous en 1964 Le petit Nicolas avait déjà inspiré le cinéma. C'était le court-métrage " Tous le enfants du monde " d'André Michel, et...Bernadette Lafont faisait déjà partie de la distribution.

NB : En rédigeant cette mini-ciné-bio, je me suis rendu compte que je n'étais pas un vrai fan de Bernadette Lafont, parce que je n'ai pas vu tous ses films et que je ne le regrette pas. Mais elle a été une lumière de mon adolescence. Une lumière qui veillait parfois fort tard la nuit. Puis au cours de ma vie, j'ai compris que c'était une femme, parmi les plus fortes, les plus libres et les plus originales.

 

Source : Jean-Claude Bernouin - Fait le 29 juillet 2013 par Philippe de CinéMémorial.

SES RÉCOMPENSES :

 

2010 - Elle reçoit la médaille de l'Ordre du mérite et de l'Ordre des arts et lettres.

2009 - Elle est faite officier de la Légion d'honneur.

2003 - Elle reçoit un César d’Honneur pour toute sa carrière, France.

1985 – Pour le film : EFFRONTÉE - César - Meilleur second rôle féminin, France.

 

Filmographie

 

124 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
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2013 - VACANCES DU PETIT NICOLAS .LES

 

2013 - ATTILA MARCEL

 

2011 - PAULETTE

 

2011 - SKYLAB .LE

 

2009 - TRICHEUSE

 

2009 - BAZAR

 

2008 - PREMIÈRE ÉTOILE .LA

 

2008 - NOS 18 ANS

 

2008 - MES AMIS, MES AMOURS

 

2008 - 48 HEURES PAR JOUR

 

2007 - PETITES VACANCES .LES

 

2007 - BROKEN ENGLISH

 

2006 - PRESTIGE DE LA MORT .LE

 

2005 - PRÊTE-MOI TA MAIN

 

2005 - AIGUILLES ROUGES .LES

 

2003 - RIPOUX 3

 

2002 - PETITES COULEURS .LES

 

2001 - AMANTS DU NIL .LES

 

2000 - POSSIBLE AMOUR .UN

 

1999 - RIEN SUR ROBERT

 

1998 - RECTO VERSO

 

1997 - GÉNÉALOGIE D'UN CRIME

 

1996 - SOUS LES PIEDS DES FEMMES

 

1996 - RAINBOW POUR RIMBAUD

 

1996 - NOUS SOMMES TOUS ENCORE ICI

 

1994 - FILS DE GASCOGNE .LE

 

1994 - ZADOC ET LE BONHEUR

 

1994 - TERMINUS DE RITA .LE

 

1993 - PERSONNE NE M'AIME

 

1992 - VILLE À VENDRE

 

1991 - SISSI, LA VALSE DES COEURS

 

1991 - SAM SUFFIT

 

1991 - DINGO

 

1990 - PLEIN FER

 

1990 - CHEROKEE

 

1989 - BOOM BOOM

 

1989 - AIR DE RIEN .L'

 

1988 - SAISONS DU PLAISIR .LES

 

1988 - PRISONNIÈRES

 

1988 - NUIT À L'ASSEMBLÉE NATIONALE .UNE

 

1988 - 2 MINUTES DE SOLEIL EN PLUS

 

1987 - MASQUES

 

1986 - INSPECTEUR LAVARDIN

 

1985 - PACTOLE .LE

 

1985 - EFFRONTÉE .L'

 

1984 - GWENDOLINE

 

1983 - CAP CANAILLE

 

1983 - BON PETIT DIABLE .UN

 

1983 - BÊTE NOIRE .LA

 

1982 - ON N'EST PAS SORTI DE L'AUBERGE

 

1982 - CANICULE

 

1981 - SI MA GUEULE VOUS PLAÎT

 

1980 - ROI DES CONS .LE

 

1980 - MERVEILLEUSE JOURNÉE .UNE

 

1980 - LARRON .LE

 

1979 - RETOUR EN FORCE

 

1979 - NOUS MAIGRIRONS ENSEMBLE

 

1979 - GUEULE DE L'AUTRE .LA

 

1979 - CERTAINES NOUVELLES

 

1978 - VIOLETTE NOZIÈRE

 

1978 - TORTUE SUR LE DOS .LA

 

1978 - FRISÉE AUX LARDONS .LA

 

1978 - CHAUSSETTE SURPRISE

 

1977 - STRANBERG EST LÀ

 

1976 - QU'IL EST JOLI GARÇON L'ASSASSIN DE PAPA

 

1976 - VINCENT MIT L'ÂNE DANS UN PRÉ

 

1976 - TYPE COMME MOI NE DEVRAIT JAMAIS MOURIR .UN

 

1976 - TROUBLE-FESSES .LE

 

1976 - NOROÎT

 

1975 - VILLE-BIDON .LA

 

1975 - ORDINATEUR DES POMPES FUNÈBRES .L'

 

1975 - DIVORCE HEUREUX .UN

 

1974 - ZIG-ZIG

 

1974 - PERMETTETE, SIGNORA, CHE AMI VOSTRA FIGLIA

 

1974 - OUT 1 : SPECTRE

 

1974 - BALEINE QUI AVAIT MAL AUX DENTS .UNE

 

1973 - MAMAN ET LA PUTAIN .LA

 

1973 - HISTOIRE TRÈS BONNE ET TRÈS JOYEUSE DE COLINOT TROUSSE-CHEMISE .L'

 

1973 - DÉFENSE DE SAVOIR

 

1972 - GANTS BLANCS DU DIABLE .LES

 

1972 - TROP JOLIES POUR ÊTRE HONNÊTES

 

1972 - BELLE FILLE COMME MOI .UNE

 

1971 - WHAT A FLASH !

 

1971 - STANCES À SOPHIE .LES

 

1971 - OEUF .L'

 

1971 - FAMILLE .LA

 

1971 - DOIGTS CROISÉS .LES

 

1970 - VALPARAISO, VALPARAISO

 

1970 - SEX POWER

 

1970 - OUT 1, NOLI ME TANGERE

 

1970 - CAÏN DE NULLE PART

 

1969 - VOLEUR DE CRIMES .LE

 

1969 - JE, TU, ELLES

 

1969 - FIANCÉE DU PIRATE .LA

 

1969 - ÉLISE OU LA VRAIE VIE

 

1969 - PIÈGE

 

1969 - AMOUR C'EST GAI, L'AMOUR C'EST TRISTE .L'

 

1968 - PAUL

 

1968 - RÉVÉLATEUR .LE

 

1967 - LAMIEL

 

1967 - IDOLES .LES

 

1967 - IDIOT À PARIS .UN

 

1966 - VOLEUR .LE

 

1965 - PLEINS FEUX SUR STANISLAS

 

1965 - COMPARTIMENT TUEURS

 

1965 - BONS VIVANTS .LES

 

1964 - CHASSE À L'HOMME .LA

 

1962 - JUSQU'À PLUS SOIF

 

1962 - FEMMES D'ABORD .LES

 

1962 - ET SATAN CONDUIT LE BAL

 

1962 - CLAIR DE LUNE À MAUBEUGE .UN

 

1961 - GROSSE TÊTE .UNE

 

1961 - TIRE AU FLANC

 

1960 - MORDUS .LES

 

1960 - ME FAIRE ÇA À MOI

 

1960 - GODELUREAUX .LES

 

1960 - BONNES FEMMES .LES

 

1959 - EAU À LA BOUCHE .L'

 

1959 - À DOUBLE TOUR

 

1959 - BAL DE NUIT

 

1958 - JEUNES MARIS .LES

 

1958 - BEAU SERGE .LE

 

1957 - TOUR, PRENDS GARDE ! .LA

 

SES COURTS MÉTRAGES et DOCUMENTAIRES
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2006 - LIVRE DES MORTS DE BELLEVILLE .LE
Court métrage de Jean-Jacques Joudiau

 

1996 - POURQUOI PARTIR ?
Court métrage de Bastien Duval et Bernadette Lafont

 

1996 - DEUX VERVEINES ET L'ADDITION
Court métrage de Gilles Pujol

 

1983 - HABIBI
Court métrage de Françoise Prenant

 

1971 - ÉTOILE AUX DENTS OU POULOU LE MAGNIFIQUE
Court métrage de Derri Berkani

 

1970 - RENAISSANCE .L'
Court métrage de Yvan Lagrange

 

1970 - VOYAGE DU LIEUTENANT LE BIHAN .LE
Court métrage de Laszlo Szabo

 

1968 - MONSIEUR JEAN-CLAUDE VAUCHERIN
Court métrage de Pascal Aubier

 

1967 - MARIE ET LE CURÉ
Court métrage de Diourka Medveczky

 

1966 - JE NE SAIS PAS
Court métrage de Gérard Pirès

 

1965 - AVATAR BOTANIQUE DE MLLE FLORA .L'
Court métrage de

 

1964 - TOUS LES ENFANTS DU MONDE

 

1957 - MISTONS .LES

 

2 VOXOGRAPHIES
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2010 - VIE DE CHAT .UNE
Dessin animé d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli - La voix de : Claudine

 

2006 - U
Dessin animé de Serge Elissalde- La voix de : Mama

 

SES PARTICIPATIONS POUR LA TÉLÉVISION
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2012 - PARLE TOUT BAS, SI C'EST D'AMOUR
Téléfilm de Sylvain Monod

 

2011 - BON SAMARITAIN .LE
Téléfilm de Bruno Garcia

 

2011 - TRÈS EXCELLENTE ET DIVERTISSANTE HISTOIRE DE FRANÇOIS RABELAIS .LA
Téléfilm d'Hervé Baslé

 

2010 - PAUL ET SES FEMMES
Téléfilm d'Élisabeth Rappeneau

 

2010 - AU BAS DE L'ÉCHELLE
Téléfilm d'Arnaud Mercadier

 

2009 - PAS DE TOIT SANS MOI
Téléfilm de Guy Jacques

 

2009 - MA SOEUR EST MOI
Téléfilm de Didier Albert

 

2009 - INTERNAT .L'
Téléfilm d'Hélène Massart

 

2007 - DIABLESSES .LES
Téléfilm d'Harry Cleven + narration

 

2005 - COPAINS D'ABORD .LES
Téléfilm de Gérard Marx

 

2005 - ENFANT DE PERSONNE .L'
Téléfilm de Michaël Perrotta

 

2005 - FICELLE, LE JUGE EST UNE FEMME
Téléfilm de Didier Albert

 

2004 - MARTIN, LOLA, BINGO
Téléfilm de Gérard Marx

 

2004 - CLASSE DU BREVET .LA
Téléfilm d'Edwin Baily

 

2000 - VENT DE COLÈRE
Téléfilm de Michael Raeburn

 

2000 - ENQUÊTES D'ÉLOÏSE ROME .LES
Téléfilm de Christophe Douchand

 

2000 - BIMILLIONNAIRE .LE
Téléfilm de Michaël Perrotta

 

2000 - PART DE L'OMBRE .LA
Téléfilm de Philippe Venault

 

1999 - HISTOIRE DE FAMILLE
Téléfilm d'Emmanuelle Cuau

 

1998 - HEUREUSEMENT QU'ON S'AIME
Téléfilm de David Delrieux

 

1998 - CHERCHEUR D'HÉRITIERS
Série TV

 

1998 - BÉBÉS BOUM
Téléfilm de Marc Angelo

 

1997 - OPÉRATION BUGS BUNNY
Téléfilm de Michel Hassan

 

1997 - AMOUR EN EMBUSCADE .L'
Téléfilm de Carl Schultz

 

1997 - AMOUR À L'OMBRE .L'
Téléfilm de Philippe Venault

 

1997 - BOB MILLION
Téléfilm de Michaël Perrotta

 

1996 - FERME DU CROCODILE .LA
Téléfilm de Didier Albert

 

1996 - HISTOIRE D'HOMMES
Téléfilm d'Olivier Langlois

 

1995 - TERRAIN GLISSANT
Téléfilm de Joyce Buñuel

 

1995 - TANGO, MAMBO ET CHA-CHA-CHA
Téléfilm de Françoise Decaux-Thomelet

 

1995 - DOUCHE ANGLAISE
Téléfilm de David Pharao

 

1994 - MAIGRET SE TROMPE
Téléfilm de Joyce Buñuel

 

1993 - MONSIEUR RIPOIS
Téléfilm de Luc Béraud

 

1992 - FOU DE FOOT
Téléfilm de Dominique Baron

 

1990 - TENDRESSE DE L'ARAIGNÉE .LA
Série TV de Paul Vecchiali

 

1988 - FRANÇOIS TRUFFAUT, CORRESPONDANCE À UNE VOIX
Documentaire TV de Michèle Reiser

 

1987 - VOLEURS DE LUMIÈRE .LES
Téléfilm de Jean Sagols

 

1987 - WAITING FOR THE MOON
Série TV

 

1986 - MOMENT D'INATTENTION .UN
Téléfilm de Liliane de Kermadec

 

1986 - CINÉMA-CINÉMA : PHOTO FLASH
Documentaire TV de Gérard Follin

 

1986 - DIVINE SIESTE DE PAPA .LA
Téléfilm d'Alain Nahum

 

1985 - VIVEMENT TRUFFAUT
Documentaire de Claude de Givray

 

1985 - PATTE DE VELOURS
Téléfilm de Nelly Kaplan

 

1984 - MALHEURS DE MALOU .LES
Téléfilm de Jeanne Barbillon

 

1984 - DÉSIRÉ
Téléfilm de Dominique Giuliani

 

1982 - PERSONNE NE M'AIME
Téléfilm de Liliane de Kermadec

 

1982 - MERCI BERNARD

 

1975 - PORTE DU LARGE .LA
Téléfilm de Pierre Badel

 

1968 - LUMIÈRES DANS LA NUIT
Téléfilm de André Michel

 

1967 - MAX LE DÉBONNAIRE
Série TV de Gilles Grangier

 

1966 - PIGEONS DE NOTRE-DAME .LES
Téléfilm de Jacques Villa

 

1966 - MORALE DE L'HISTOIRE .LA
Téléfilm de Claude Dagues

 

1965 - SYLVERIE OU LES FONGS HOLLANDAIS
Téléfilm de Michel Ayats

 

1961 - PREMIÈRE DE FACE
Téléfilm de François Gir

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