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Hommage à ANNIE GIRARDOT
Ajout de la vidéo le 28 février 2011 par Philippe de CinéMémorial
Quelques hommages :
Hommage de François Fillon :
«Annie Girardot nous laisse le souvenir d’une personne digne, brillante et toujours volontaire. Jusqu’au bout elle résista à sa terrible maladie. Son œuvre porte la marque d’une artiste qui considérait son engagement sur scène ou à l’écran comme un don de soi».
Hommage de Brigitte Bardot :
Se déclare «bouleversée, extrêmement choquée et triste» après l'annonce de la disparition d'Annie Girardot. «Je ressens un chagrin infini. Après la mort de Maria Schneider qui m'a déjà rendue si triste, c'est comme si on m'avait enfoncé un nouveau clou dans le coeur», confie Brigitte Bardot. «J'aimais infiniment Annie Girardot. Elle a eu une fin de vie dramatique. Ma santé m'empêchait de la visiter mais mon secrétaire Franck lui apportait mes petits mots qu'on lui lisait. J'avais pour Annie une infinie tendresse. Elle a eu une vie à la fois extraordinaire et dramatique», a ajouté l'ancienne actrice.
Hommage du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand :
Estime que «la disparition d'Annie Girardot est un moment douloureux pour le cinéma qui perd l'une de ses grandes étoiles, mais aussi pour le public, avec qui elle entretenait une longue et chaleureuse complicité». «Annie Girardot a brûlé les planches comme elle a brûlé la vie : avec l'humanité et la profondeur dramatique qui plaisaient tant au public (...) L'admirable combat qu'elle menait contre la maladie en continuant à jouer nous l'aura montrée fidèle jusqu'au bout à son amour du cinéma. Elle fut une immense comédienne, bien sûr, mais aussi une dame au grand coeur, une femme engagée et volontaire à tous les âges de sa vie et de sa carrière».
Hommage de Michel Galabru.
«Le public l'adorait. Elle a eu une carrière lumineuse, la pauvre petite...», confie à l'AFP, déchiré, le comédien.
Hommage de Jack Lang :
Ancien ministre de la Culture, interrogé par l'AFP : «L'éblouissante carrière cinématographique d'Annie Girardot fait parfois oublier qu'elle fut d'abord une étonnante et rare actrice de théâtre. Sa gouaille irrésistible, sa puissance sur le plateau donnaient à tous ses rôles, un éclat, une force, une lumière incomparable (...) Sa personnalité dominait chaque oeuvre. Elle imprimait une marque inoubliable. Son nom était celui d'une icône jusqu'à perdre son prénom. Girardot restera à jamais comme un symbole de l'exigence artistique la plus élevée».
Hommage de Robert Hossein :
Interrogé sur RTL : «j'ai une immense estime pour une immense comédienne. Je retiendrai d'elle, c'était quelqu'un qui avait un énorme caractère, une autorité terrible et puis une vie assez passionnée, assez tourmentée, quelqu'un d'extraordinairement attachant.... je trouve que c'est une grande perte pour la profession...»
Hommage de Bertrand Blier :
«sous le choc» à l'annonce du décès d'Annie Girardot, s'est souvenu avec émotion d'une personne «tellement drôle et douloureuse à la fois». «Les Français s'en souviennent comme d'une actrice qui avait joué dans beaucoup de comédies, elle avait pris un virage très populaire après 'Rocco et ses frères'. Mais elle était pleine d'émotion et de souffrance. Elle craquait facilement, comme sur la scène des César» en 1996.
Hommage de Mireille Darc :
Qui avait joué avec elle dans «Elle boit pas elle fume pas elle drague pas mais... elle cause», «Annie était une très, très grande. Jouer avec elle était un éblouissement. Elle était étonnante. Elle aimait la vie. Annie était une femme de coeur et était généreuse. Pour moi, c'était plus qu'un modèle sur le plan artistique. Annie pouvait incarner tous les rôles. En Italie, j'ai habité chez elle. C'était quelqu'un d'extraordinaire qui dévorait la vie».
Hommage de Line Renaud :
«Annie était un monument du cinéma français, une immense actrice, très instinctive et toujours juste. Son départ est bouleversant. Je suis allée l'embrasser une dernière fois dimanche soir. Sa fille Julia et sa petite-fille Lola m'avaient appelée pour me dire que c'était la fin. Cela a été réconfortant de la voir entourée de tellement d'amour. J'ai trouvé Annie très paisible. Depuis tant d'années, nous avions une grande complicité. En 1995, on avait tourné 'Les Filles du Lido'. Depuis, on se surnommait 'Les Gourdasses' en souvenir du tournage».
L'Académie des César rappelle avec une «très grande tristesse et beaucoup d'émotion» qu'Annie Girardot était «une comédienne unique, une artiste généreuse immensément populaire» au «talent inouï, intense, rare». «Elle incarne 40 ans de Cinéma à partir des années 60» estime-t-elle en rappelant ses trois César : Meilleure Actrice en 1977 pour «Docteur Françoise Gaillard», Meilleur second rôle féminin en 1996 pour «Les Misérables» et en 2002 pour «La Pianiste».
Photo d'Annie en compagnie de sa fille et de sa petite fille.

Sa biographie :
Après une enfance difficile partagée entre Paris et la Normandie, Annie Girardot suit des cours d'art dramatique, entre au Conservatoire, puis à la Comédie-Française (1954-1957).
À l'issue de la générale de sa Machine à écrire, Jean Cocteau la salue : « Tu as le plus beau tempérament dramatique de l'après-guerre ! » Parallèlement, elle se produit dans les cabarets de la Rive gauche et débute au cinéma (dans Treize à table d' André Hunebelle , en 1956). En 1957, elle quitte le Théâtre-Français en adressant une lettre de démission retentissante à Pierre Descaves.
Elle tourne à cette époque un grand nombre de films populaires, dans le goût Série noire qui prévaut avant la Nouvelle Vague : Le rouge est mis ( G. Grangier , 1957), Maigret tend un piège ( J. Delannoy , 1958), l'un et l'autre avec Jean Gabin . Après un début de carrière dans des productions très populaires, elle s'engage dans une autre direction grâce à Luchino Visconti (il l'a déjà dirigée au théâtre dans Deux sur la balançoire avec Jean Marais ), qui fait appel à elle pour le rôle de Nadia dans Rocco et ses frères (1960). Elle tourne énormément, en France et en Italie (elle a épousé Renato Salvatori , un de ses partenaires dans Rocco ), des films médiocres et des grands films, sans discernement, jusqu'à une crise qui la chasse presque complètement des écrans en 1965-66.
Elle reparaît à la fin des années 60, et pendant une décennie elle est l'une des stars les plus populaires du cinéma français la seule comédienne après 1970 dont le nom suffise pour permettre le « montage » financier d'un film.
Elle passe sans heurt de ce cinéma facile (sous la direction de Michel Audiard , de Claude Lelouch , d' André Cayatte ) à des films plus ambitieux comme Dillinger est mort ou Il seme dell'uomo, réalisés en 1969 en Italie par Marco Ferreri .
Vers 1975, Annie Girardot sait être Madame Tout-le-Monde, une vedette populaire plutôt qu'une star, sympathique, drôle ou pathétique, désirable naturellement, aussi crédible en chauffeur de taxi qu'en juge d'instruction, aussi à l'aise dans la bouffonnerie que dans le drame.
Elle s'impose logiquement dans ce temps où le féminisme accrédite une promotion, toute relative, de la femme adulte. Elle endosse les personnages nouveaux et en tempère l'audace par la familiarité qu'elle entretient avec le public populaire.
Après une longue traversée du désert, elle obtient le César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Les Misérables de Lelouch en 1996. Elle revient alors sur le devant de la scène et en 2002, c'est le César de la Meilleure actrice qui lui est décerné pour son rôle de mère étouffante dans La Pianiste de Haneke.
On apprend 4 ans plus tard par son avocat que l'actrice est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Sa fille Giulia Salvatori publie alors une biographie intitulée La Mémoire de ma mère.
En 2008, elle entre dans une maison médicalisée à Paris. Nicolas Baulieu tourne alors un documentaire sur Annie Girardot. Il la suit durant 8 mois et permet de découvrir les effets de la maladie chez l'actrice ainsi que sa vision de son passé. En 2010, sa fille annonce qu'elle ne se souvient même plus avoir été une actrice.
Le 28 février 2011, Annie Girardot s'éteint dans un hôpital parisien.
SES RÉCOMPENSES :
2002 - Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, France.
2002 - Pour : MADAME MARGUERITE - Molières - Molière de la comédienne, France.
2002 - Pour : LA PIANISTE - César - Meilleure actrice dans un second rôle, France.
1998 - Prix "reconnaissance des cinéphiles" pour l'ensemble de sa carrière - décerné à Puget-Théniers 06260 par l'Assocation "Souvenance de cinéphiles".
1996 - Pour : LES MISÉRABLES - César - César de la meilleure actrice dans un second rôle, France.
1989 - Pour : LE VENT DES MOISSONS - Prix du 7 d'Or - Meilleure actrice - 7 d'Or, France.
1977 - Pour : DOCTEUR FRANÇOISE GAILLAND - César de la meilleure actrice, France.
1977 - Pour : COURS APRÈS MOI QUE JE T'ATTRAPE - Prix David di Donatello - Meilleure actrice étrangère, Italie.
1968 - Pour : VIVRE POUR VIVRE - Meilleure actrice - Festival du film de Mar del Plata, Argentine.
1965 - Pour : TROIS CHAMBRES À MANHATTAN - Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine au festival de Venise.
1962 - Pour : ROCCO ET SES FRÈRES - Prix Sant Jordi - Meilleure actrice étangère, Barcelone, Espagne.
Source : www.premiere.fr - Fait le 28 février 2011 par Philippe de CinéMémorial. |