Accueil   |   Acteurs   |   Nouvelles   |   Filmographie   |   Liens   |   Films Complets   |   Livre d'or   |   Contact
AVA GARDNER
Cette page a été vue 14500 fois
        

INFORMATIONS :

 

Profession :

 

Actrice américaine.

Date et lieu de naissance :

24-12-1922, à Grabtown, Caroline du Nord, États-Unis.

Date et lieu du décès :

25-01-1990, à Kennington, Royaume-Uni

Cause du décès :

D'une pneumonie à l'âge de 67 ans.

Nom de naissance :

Ava Lavinia Gardner.

État civil :

Mariée le 10 janvier 1942 avec l'acteur : MICKEY ROONEY - divorcée le 21 mai 1943.

Mariée le 17 octobre 1945 avec le compositeur : ARTIE SHAW - divorcée le 25 octobre 1946.

Mariée le 7 juillet 1951 avec l'acteur : FRANK SINATRA - divorcée le 5 jillet 1957.

 

Liaisons probable : Richard Burton, Walter Chiari, Howard Duff, Robert Evans, Clark Gable, Howard Hughes, John Huston, Fernando Lamas, Peter Lawford, Robert Mitchum, David Niven, Porfirio Rubirosa, George C. Scott, Omar Sharif, Robert Taylor, Mel Torme, Luis Miguel Dominguin

Taille :

(168 cm)

 

ANECDOTES :

 

Elle est née par césarienne la veille de Noël 1922.

Son seul secret de beauté était le savon et l'eau la nuit, et l'eau froide dans la matinée.

Son mariage avec Artie Shaw n'a duré que sept mois.

Elle a roulé sa première cigarette quand elle avait cinq ans.

Elle avait commandé un martini sec. Quand il a été servi, elle a crié, " falsificado !" Elle verse la boisson sur le sol et cria : "C'est un gin espagnol, et il le faisait passer pour un authentique gin anglais !"

Le garçon a présenté une bouteille non ouverte, brise le sceau et suggère à Ava d'y goûter.
Sans y goûter, Ava verse le cocktail sur le sol. Le garçon lui suggère de passer tranquillement à la vodka.
Elle hocha la tête et se servit un martini vodka. Le garçon s'inclina et sans lever les yeux sur lui, elle s'empara de sa ceinture et tira vers elle et versa le cocktail dans son pantalon. (Oups.)

À 36 ans, elle a développé une phobie de se faire photographier et elle est convaincue que sa carrière était terminée.

Elle appela son Frank Sinatra par le surnom de "Chi-Chi."

Son frère Raymond a été tué à seize mois, quand un obus a explosé.

En 1953, Ava et son mari de l'époque Frank Sinatra étaient tous deux en nomination pour un Oscar. Frank a remporté le sien et Ava a perdu contre Audrey Hepburn dans "Vacances Romaines"

"Lorsque Ava a entendu que Frank Sinatra avait épousé Mia Farrow, elle s'écria : "Ah! J'ai toujours su que Frank se retrouverait au lit avec un garçon." Quand Ava divorce de Mickey Rooney, le 21 mai 1943, le même jour, sa mère est morte d'un cancer du sein.

Elle a essayé de séduire Stewart Granger pendant le tournage de "La croisée des destins" au Pakistan. Une nuit, elle fait irruption dans sa chambre, vêtue d'un sari qui collait gracieusement sur toutes les courbes de son corps.

Granger était dans son lit et se redressa en sueur. "Ava, vous êtes probablement la femme la plus attrayante dans le monde, mais je suis marié. Rappelez-vous ? Je suis marié à Jean (Simmons)" - "Oh, putain Jean ! "Ava crie." J'aimerais bien, ma chérie, mais elle n'est pas là. "Ava prit ça en souriant et a trouvé quelqu'un d'autre pour lui tenir compagnie.

À la fin de 1950, dans le département de la publicité de la MGM, il y avait plus de trois mille demandes par semaine pour des photos en noir et blanc à envoyer à ses fans. Un chiffre que seule Esther Williams avait réalisé.

George Cukor a dit d'elle: "Ava est un gentleman." Elle a affirmé par la suite, que c'était la plus belle chose qui ait jamais été dite à son sujet.

Louis B. Mayer voit son essai à l'écran et fait remarquer: "Elle ne peut pas bouger. Elle ne peut pas parler. Elle est formidable."

Aucun de ses ex-maris n’a assisté à ses funérailles.

Quelques une de ses Citations

 

"Je ne vois jamais le soleil. Je dors au cours de la journée. La nuit est mon entreprise. Il clarifie mon esprit."

" Être une star de cinéma en Amérique est la vie la plus solitaire dans le monde. En Europe, ils respectent votre vie privée."

" Pas MGM, pas la presse, personne ne doit me dire quoi faire!!"

" Je ne peux pas imaginer pourquoi quelqu'un voudrait avoir une entrevue avec moi. Je suis un sujet ennuyeux."

"La seule raison pourquoi je buvais, c'était pour surmonter ma timidité."

"Hollywood n'est qu'une morne, banlieue tranquille de Los Angeles, avec des palmiers, immeubles, commerces bon marché, et les théâtres criards, loin du tape-à-l'œil de New York, ou même la beauté rurale de la Caroline du Nord."

La seule fois ou je suis heureuse, c'est quand je ne fais absolument rien. "

" Ma philosophie, pour le meilleur ou pour le pire, a toujours été : "Si je suis en amour ou si j'ai une aventure, je cesse de tourner. "

"Tout ce que vous ne pouvez pas sortir d'une bouteille de gin, vous n'avez pas besoin."

" La célébrité et la fortune ne signifient rien si vous n'avez pas un foyer heureux "

"Ça ne me dérange pas de vieillir. Voici comment je vais réagir; cigarette dans une main et un verre de scotch dans l'autre."

"Je me suis marié avec trois hommes passionnants, tous très talentueux et fascinant de ces dames, et je dirais vice-versa."

"Ce que je voudrais vraiment dire à propos de ma célébrité, c'est que ça m'a donné tout ce que je n'ai jamais voulu".

Fait par Philippe de CinéMémorial le 19 octobre 2009.


                              

 

 

Ajouter votre commentaire

 


SA BIOGRAPHIE

 

Hommage à AVA GARDNER

Mise à jour le 10 octobre 2008 par Philippe de CinéMémorial.

 

 


Fille de Jonas Gardner, décédé en 1935 d'une bronchite, et sa mère, Mary Elizabeth Baker. D'un début d'existence peu câlin (champs de coton et de tabac sudistes, noir pétrin de 1929, père mort trop tôt), Ava attendait un pourboire. Elle reçut un destin. Son instrument, talent scout à la MGM et margoulin, répondait au nom de Barney Duhan. Barney repéra une photo de la jeune fille et sonna le tocsin.

Un bout d'essai plus tard, Louis B. Mayer, rapace des studios, résuma l'impression générale: "Elle ne sait pas parler. Elle ne sait pas jouer. Elle est formidable." Ava, 19 ans, vint donc grossir un troupeau de starlettes bondé comme un tortillard indien. Mordit lorsqu'on entreprit de lui épiler les sourcils. Se gela les fesses en Bikini sur un glaçon géant pour les besoins d'un calendrier. "Boucler la journée en ayant survécu était ce qu'on pouvait espérer de mieux", écrivit-elle dans ses Mémoires, Ava (Presses de la Renaissance). Elle boucla la première semaine au pas de charge en tombant Mickey Rooney.

Il avait été la vedette de la fameuse série des Andy Hardy. Culminait à 1,55 mètre. Portait d'ahurissants souliers vernis et dissimulait sa tignasse sous le régime d'ananas de Carmen Miranda. Il souriait large. Roulait sa caisse. Et débusqua sous l'uniforme de la pin-up la seule fille capable de provoquer un big bang sans rien faire. Il l'invita à dîner. Bridée par son éducation victorienne - "Si tu couches avec un homme avant le mariage, prépare ton cercueil", lui répétait sa mère - elle déclina. Il réitéra. Elle aussi.

Alors, Mickey, aux pieds duquel se pâmaient tous les jupons bouffants des États-Unis, pilonna Ava de cadeaux somptueux, de billets doux et de bouquets ridicules. Il la présenta à Judy Garland, Lana Turner, Esther Williams, etc. La bassina, l'épuisa, exhuma de vieilles blagues. La supplia de l'épouser vingt fois en une soirée. C'était délectable. Elle accepta. Il la traîna chez Mme Rooney mère, qui s'arsouillait au Four Roses mais fit preuve d'une certaine lucidité: "Eh bien, ma petite, je suppose qu'il ne vous a toujours pas sautée ?"

La "petite", qui détestait la langue de bois, l'adora d'emblée. Seul Louis B. Mayer couinait. Il voyait d'un sale œil l'union d'une star maison avec une obscure starlette, fût-elle sublime. Mickey dut, par conséquent, payer de sa personne. Mayer et Rooney - champions hollywoodiens toutes catégories des larmes - entamèrent un match: l'acteur sanglota. Le patron se moucha. La scène fut dantesque. Rooney l'emporta au terme d'une énième jérémiade. La secrétaire de Mayer modela une énigmatique vacherie à la Tirésias: "On ne change pas les taches d'un léopard." Et, le 10 janvier 1942, le mariage eut lieu sous contrat MGM. Mayer mit temporairement Ava au purgatoire, puis la confina dans diverses panouilles peu glorieuses. Des photos la montrent assises sur l'accoudoir du fauteuil club où Rooney s'épanouit; elle ne doit, en aucun cas, paraître plus grande que lui.

Clap sur une nuit de noces "vendue" comme la plus glamour de l'histoire des nuits de noces. Dans l'espoir de gagner du temps, Ava, vierge noire et rose fragile, siffle du Roederer. Au petit matin, Rooney part pour le green afin de lutiner... ses clubs de golf. "Pendant toute la lune de miel, raconte Ava, il se débarrassa du paquet, c'est-à-dire moi, entre les mains du publicitaire de la MGM." Elle envisage de se noyer. Hélas! Elle sait nager. Il s'enfuit chez les membres de son innombrable clan, creuse son ardoise au Mocambo, club huppé de L.A., reste en stand-by perpétuel avec sa garde rapprochée de bookmakers. Bref, vire au commun des chieurs.

Elle est comme elle est. Honnête, fidèle, insoumise, insomniaque, magnétique, maligne, déjà fatale, belle à crever. Elle vit pour de vrai, méprise les faux-semblants, a tout vu, tout fréquenté, des gares de triage de Hollywood au désenchantement du métier. Personne ne l'a prise à Mickey Rooney. Il l'a perdue tout seul. Le cœur en charpie, Ava Gardner balade, pour 100 dollars la semaine, un regard de braise dans 17 mélos subalternes et idiots, dont La Du Barry était une dame. Peine dans le sillage de Lana Turner ou de Hedy Lamarr. Mais prend aussi de l'assurance et pension au Mocambo. Elle boit sec. Parle cru. Rit haut. Et doit contenir les pressantes avances des seigneurs de l'écran. John Huston tente-t-il de l'hypnotiser, au sens propre du terme? Elle plonge en vêtements de ville, de nuit, dans une piscine pour tenir à distance sa raide carcasse de bûcheron.

C'est la sarabande des cavaleurs, des puissants, des timbrés. Howard le fêlé (Howard Hughes) va surveiller, adorer, chouchouter, supplier, convoiter, empoisonner Ava Gardner pendant vingt ans. En pure perte, tranche-t-elle. On l'espère pour elle, vu la réputation du Texan. Antisémite, anti-Noirs, anticastriste, antimicrobes, corrupteur, impérieux, misanthrope, milliardaire, producteur, outrancier, paranoïaque et à demi sourd, Howard a conçu des soutiens-gorge pour Jane Russell, fréquenté Cary Grant et jeté sur une peau de bête toute la liste alphabétique des studios. De C comme Cyd Charisse à T comme Lana Turner, en passant par H comme Katharine Hepburn, un véritable amour, cette fois. "Il aurait baisé un arbre", estime Joan Crawford, une ex. On n'aurait trop su lui conseiller le tilleul, bien connu pour ses lénifiantes vertus. Lorsque Howard Hughes, qu'elle confond avec le cinéaste Howard Hawks, rencontre Ava, il entre en lévitation. Elle le juge doux, franc, plein d'égards. Il s'avérera franc comme un cobra.

Propriétaire de la TWA, Hughes tient un jet à la disposition de Gardner dès qu'elle lève le petit doigt. Big Brother en herbe et recordman du rapport - sexuel, financier, policier, qu'il fait établir en 18 exemplaires - il utilise aussi une armée de mormons et de quadruples espions pour la pister. C'est irrespirable. N'importe quoi. Fort Alamo. Il crève de désir. Force sa suite. Elle se rebelle. Lâche des salves d'insultes. Hughes dépêche alors l'ONU en la personne de Bappie, la sœur d'Ava. Et dégaine un coffret de bijoux signés Tiffany's.

Ava la tempête les flanque par la fenêtre. Toise l'olibrius, et passe invariablement l'éponge. Son divorce d'avec Mickey Rooney n'a pas sevré leur intimité. Tous deux ondulent encore des mambos au Mocambo, lampent des Niagara de whisky et finissent parfois la nuit ensemble. Animale, Ava aime le sexe et se laisse mener, par l'instant, par l'esprit de révolte et une inextinguible soif de liberté. Un soir de pleine lune, Hughes fonce chez elle, croyant la surprendre avec son ancien mari. Il la gifle. Elle l'assomme. Un coquart ombre la pommette de la star. Howard fait pénitence, puis rapplique comme si de rien n'était.

Entrée en piste d'Artie Shaw, 35 ans, célèbre pour ses interprétations de Cole Porter, chef d'orchestre, pionnier des droits raciaux - il fut le premier à recruter des Noirs au sein de sa formation - clarinettiste, cultivé, piètre cavalier (de l'avis général, une motte de terre dansait mieux) et moulin à paroles sexy et bronzé. Il brûle de posséder Ava, qu'il surnomme "Avala". Conquiert son cœur dès le premier soir. L'emmène en tournée. "J'ai adoré la vie avec Artie avant notre mariage", confie Gardner. Dès leur voyage de noces au lac Tahoe, en effet, le ciel bleu se lézarde, la guerre sainte menace et les injures bavent.

Ava s'endort avec un mélomane ouvert et se réveille à côté d'un petit prof humiliant. "Quand on parle de Karl Marx, tu imagines toujours qu'il s'agit du quatrième frère", lui assène-t-il entre autres amabilités. Artie a dévoré Dostoïevski et Thomas Mann. Ava n'a jamais fréquenté qu'Autant en emporte le vent - roman de tout repos - la terre rouge de Tara et la jalousie hautaine de Scarlett O'Hara. Pour masquer ses lacunes, elle a en outre jugé utile de se rajeunir d'un an. Elle fait estimer son QI (il est excellent), s'inscrit à Ucla, l'université de Los Angeles, en cours d'économie, entame une psychanalyse, avale l'intégrale de Freud et se met aux échecs.

Juste retour des choses: elle fiche une peignée à Artie, un mat d'anthologie. Très sportivement, il évitera désormais de jouer avec elle. Elle achète Ambre, best-seller de Kathleen Winsor. Il affiche, à son habitude, une réaction généreuse et mesurée: "Que je te reprenne à lire pareille ânerie et c'est la porte." Artie Shaw ignore encore qu'il convolera bientôt avec l'auteur de l'ânerie en question. Le divorce, ce vieux remake, est prononcé après un an et une semaine d'enfer. Ava hante alors les claques, avec Howard Duff, un flirt MGM, et les bras de Robert Taylor (L'Ile au complot), dont la liaison avec Barbara Stanwyck n'en finit pas de caler.

Entre-temps, le cinéma, qu'elle a jusque-là traité avec désinvolture (à moins que ce ne soit l'inverse), se rachète avec Les Tueurs, chef-d'œuvre noir de Robert Siodmak, d'après "papa" Hemingway. Les dithyrambes "rafalent". Le magazine Esquire bombarde Ava Gardner "Miss Garce 46". Dans l'obscurité d'une salle, un Rital, catholique, marié, père de trois enfants, proche de Bugsy Siegel et de Lucky Luciano, la dévore des yeux comme le loup de Tex Avery. Il a découvert Ava lorsqu'elle était encore Mme Rooney. Il en pince sérieux. Il pousse la chansonnette. S'appelle Frank Sinatra. Baptisé par Marlène Dietrich "la Rolls-Royce des hommes" et par le reste du monde "The Voice", Sinatra n'est pas au mieux de sa forme.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, en effet, l'intérêt pour le swing décline. Les actions de Frankie chéri aussi. Ava s'en moque. Elle retrouve Sinatra à New York pour la première des Hommes préfèrent les blondes - ce qui reste à prouver. Et succombe définitivement dans la touffeur de Palm Springs. Le couple gagne le désert. Frankie brandit un revolver et fait un carton sur les réverbères d'une ville assoupie. Leur liaison transpire. L'inénarrable Louis B. Mayer convoque Ava pour l'enguirlander au motif qu'on ne fréquente pas un homme marié. Vipérines, les gazettes embraient. Les ligues de vertu dézinguent "Gardner la salope". Elle plane.

Ils picolent. Ils s'adorent. Ils échangent des caresses et des noms d'oiseaux. Des lettres et des coups. C'est tout juste s'il ne faut pas hérisser leur chambre à coucher de sacs de sable. Ils s'épuisent en escarmouches puis se réconcilient par petites annonces. Coup de chapeau à ces deux dingues, à ces deux fous, à ces furieux. Ils sont jaloux; lui, de Howard Hughes, qui cafte sur d'éventuelles danseuses qu'entretiendrait Sinatra; elle, de ses prétendues "poufiasses". Au Copacabana de New York, où Frank se produit, le public réclame Ava. Il se raidit: "Prévenez-moi si je dérange." La salle ne le lui pardonne pas. De retour à l'hôtel, Sinatra feint un suicide en tirant une série de coups de feu dans le matelas.

L'abandonnant à ses démons, Ava rallie Tossa de Mar (Espagne). S'en va ouvrir la boîte de Pandora. Mourir pour un fantôme hollandais. Doubler sa beauté d'un mythe éternel. La première phrase du film, énoncée par James Mason, sonne comme un aveu à un Frank qui est toujours l'époux de Nancy: "L'amour se mesure à ce qu'on sacrifie pour lui." Une nuit de vague à l'âme, Ava se cabre en compagnie de l'acteur Mario Cabré, un paon, qui ripoline leur aventure d'une tapageuse publicité. Il l'abreuve de poèmes consternants, s'épanche dans les journaux. Laisse peser le doute, emploie le conditionnel. C'est indicatif.

"The Voice" donne de la voix. Fin de l'intermède Cabré. Show Boat - scandé par le blues d'Old Man River - propulse alors Ava dans les remous furieux du Mississippi. Et le divorce d'avec Nancy, arraché par Frankie le 31 octobre 1951, à Santa Monica, la lâche dans ceux d'une vie conjugale de plus en plus criarde. Ava exige d'être présentée à sa belle-mère. Brouillé avec ses parents, Frank redoute le pire: à tort. Les deux femmes, qui votent démocrates, tiennent Sinatra pour le meilleur chanteur du monde et jurent comme dix charretiers, ne sortiront jamais les colts.

"No english" "No español" La lune de miel se joue dans les tripots du Cuba de Batista. Frank a la tête ailleurs. Il intrigue pour arracher le rôle qui le remettrait dans la course, le Maggio de Tant qu'il y aura des hommes, classique surestimé du baiser salé et du duel au couteau. De son côté, Ava, qui a obtenu de Harry Cohn, producteur à la Columbia, des essais pour Sinatra, glisse sur Les Neiges du Kilimandjaro. Frank lui a concédé dix jours, pas un de plus. Au onzième, elle se débat encore entre la guerre civile espagnole, des milliers de figurants, des brancards, des pétards et le réalisateur Henry King. Elle essuie par conséquent une scène historique. Ceci vaut-il cela? Avis ronchonnant d'Hemingway, l'auteur du roman: "Ava, les deux réussites du film, ce sont vous... et la hyène."

Sinatra se coule dans la peau, les galons et les ennuis de Maggio. Se pinte, la nuit, en compagnie de Burt Lancaster. Décroche un oscar du second rôle. Ava, elle, enchaîne avec la savane africaine, les charges de rhinocéros, la révolte de la tribu des Mau-Mau, autrement dit la sympathique épreuve de Mogambo. Il pleut du feu. Le bourbon sert d'antiseptique. Clark Gable reluque Grace Kelly. John Ford est odieux. Sinatra se pointe, un diamant dans la poche. Il l'a payé avec une carte de crédit estampillée Gardner. Ava s'en fiche: elle attend un enfant.

Malgré les sérénades d'un Frank sincèrement ému, Ava choisit de ne pas le garder. Une tristesse douce anime son sourire: elle est née pessimiste, elle le restera. Ford s'humanise. Gable encourage Ava. L'académie des oscars nomine enfin l'actrice. Perchée sur son scooter de Vacances romaines, Audrey Hepburn rafle la mise. Ava ne se formalise pas. Elle aime si peu le cinéma... Au téléphone, Frankie, ce faux jeton, lui annonce qu'il batifole avec une autre. L'usure a eu raison des sales gosses. C'est l'heure des avocats, des gros titres, du divorce. Ava souffre. Sinatra organise la veillée "mortuaire" de leur amour. Découpe aux ciseaux les photos de Gardner. Puis reconstitue le puzzle en catastrophe: "Son nez, vous n'auriez pas vu son nez?"

Son nez, non. Mais le marbre blanc où elle sculpte sa légende, oui. Joseph Mankiewicz comprend enfin qu'il faut faire des films non plus avec Ava Gardner mais sur Ava Gardner. Il la sertit donc dans le rôle sacrificiel d'une femme libre, les allées d'un cimetière italien planté de cyprès et de statues, dans un chef-d'œuvre funèbre: La Comtesse aux pieds nus. Bacall surveille Bogart de (très) près. Mankiewicz filme un dictionnaire de l'inconscient. Ava, muée en Maria Vargas, joue son existence. L'éclipse de ses jours, la chaleur de ses nuits. Dans l'Espagne franquiste, où campe le tournage, elle éperonne un mythe, le torero Luis Miguel Dominguin.

Il a quatre ans de moins qu'elle. Ils se plaisent au premier regard. Échangent des serments vitaux: "No english", ânonne-t-il. "No español", réplique- t-elle. Excellentes prémices. Au commencement de leur liaison, Dominguin se lève, s'habille et enjambe la fenêtre. "Peut-on savoir où tu vas?" se renseigne Ava. "Raconter ça aux copains..." Ce n'est pas de la muflerie, c'est de l'orgueil, sentiment somme toute humain. Hélas pour eux, Howard Hughes, reclus dans sa suite de Las Vegas, guette par télex interposé. Il renifle en Dominguin un curieux mélange "de Don Juan et de Hamlet", le déteste d'emblée. Fait baisser son principal revenu, les cours du café. Le torero renonce; il épousera la comédienne Lucia Bosè.

Le monde étant petit, minuscule même, Ava se console avec un ancien fiancé de Lucia, l'Italien Walter Chiari. Puis se perd dans la verroterie Technicolor du Soleil se lève aussi. Elle a tatoué de son sang trop de mètres de pellicule. Vu trop de brumes au petit matin. Braqué trop de canons sur la bienséance et les compromis de l'existence. Elle a effrayé par sa beauté. Elle a été effrayée par le désir qu'elle suscitait. Elle boit trop de whisky. Mais frotte encore ses ecchymoses à des personnages crépusculaires, dont la patronne mûrissante d'un hôtel mexicain (La Nuit de l'iguane, d'après Tennessee Williams).

John Huston, le metteur en scène, celui qui lui courut après autour d'une piscine, soigne son entrée en matière. Il offre à ses comédiens - Richard Burton, Deborah Kerr, Sue Lyon - un Derringer et une balle en plaqué or gravée à leur nom. Le soleil pèse. L'électricité manque. Des types rôdent. Ava se chiffonne, se dessine des cernes, s'éteint le charme. Elle sert le sujet au lieu de s'en servir, ne se résout pas à faire semblant. Sur le plateau de La Bible (Huston toujours), elle éprouve une faiblesse coupable pour Abraham, George C. Scott, qui écluse et la bat. Elle économise son mépris. Il la prend en haine. Huston paie des mafiosi pour éviter le massacre. Allez savoir pourquoi, tout cela n'est plus si drôle.

Les années fuient. Ava quitte Madrid, qui lui réclame un arriéré astronomique d'impôts, et le voisinage encombrant de l'Argentin Juan Peron, pour l'anonymat de Londres. Le présent pour les souvenirs. La proie - mais quelle proie? - pour l'ombre. Elle accorde des entretiens par interphone (cf. L'Interview, de Xavier Giannoli, palme d'or du court-métrage au dernier festival de Cannes), promène son petit chien, refuse d'exploiter son invraisemblable destin. Le 25 janvier 1990, une pneumonie tire un trait sur les fringales d'Ava Gardner, cœur nu, star libertaire, âme subversive, qui aima tant les hommes, l'inconvenance et l'orageux tourbillon du mot "vivre".

 

L'Express du 06/08/1998.
Ava Gardner La femme qui aimait les hommes.
Par Sophie Grassin.

 

RÉCOMPENSE :

 

1964 - Pour : LA NUIT DE L'IGUANE - Prix de la meilleure actrice - Festival international du film de San Sebastian, Espagne.

 


 
Ajouter votre commentaire

 

 

62 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS

************************************

 

1982 - REGINA

 

1981 - PRIEST OF LOVE

 

1980 - ENLÈVEMENT DU PRÉSIDENT .L'

 

1979 - CITÉ EN FEU

 

1976 - SENTINELLE DES MAUDITS .LA

 

1976 - PONT DE CASSANDRA .LE

 

1975 - OISEAU BLEU .L'

 

1975 - TRAHISON .LA

 

1974 - TREMBLEMENT DE TERRE

 

1972 - JUGE ET HORS-LA-LOI

 

1970 - DEVIL'S WIDOW .THE

 

1968 - MAYERLING

 

1966 - BIBLE .LA

 

1964 - NUIT DE L'IGUANE .LA

 

1964 - SEPT JOURS EN MAI

 

1963 - 55 JOURS DE PÉKIN .LES

 

1960 - ANGE POURPRE .L'

 

1959 - DERNIER RIVAGE .LE

 

1958 - MAJA NUE .LA

 

1957 - PETITE HUTTE .LA

 

1957 - SOLEIL SE LÈVE AUSSI .LE

 

1955 - CROISÉE DES DESTINS .LA

 

1954 - COMTESSE AUX PIEDS NUS .LA

 

1953 - MOGAMBO

 

1953 - TOUS EN SCÈNE !

 

1953 - CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE .LES

 

1952 - VAQUERO

 

1952 - NEIGES DU KILIMANDJARO .LES

 

1951 - ÉTOILE DU DESTIN .L'

 

1951 - MON PASSÉ DÉFENDU

 

1951 - SHOW BOAT

 

1951 - PANDORA

 

1949 - VILLE HAUTE, VILLE BASSE

 

1949 - PASSION FATALE

 

1949 - ÎLE AU COMPLOT .L'

 

1948 - CAPRICE DE VÉNUS .UN

 

1947 - MARCHANDS D'ILLUSIONS

 

1947 - SINGAPOUR

 

1946 - TRAGIQUE RENDEZ-VOUS

 

1946 - TUEURS .LES

 

1944 - SHE WENT TO THE RACES

 

1944 - TENDRE SYMPHONIE

 

1944 - TROIS HOMMES EN BLANC

 

1944 - DEUX JEUNES FILLES ET UN MARIN

 

1944 - BLONDE FEVER

 

1944 - MAISIE GOES TO RENO

 

1943 - ANGE PERDU .L'

 

1943 - PILOTE No 5

 

1943 - SWING FEVER

 

1943 - LA DUBARRY ÉTAIT UNE DAME

 

1943 - YOUNG IDEAS

 

1943 - QUELQUE PART EN FRANCE

 

1943 - GHOSTS ON THE LOOSE

 

1942 - HITLER'S MADMAN

 

1942 - ASSASSIN AU GANT DE VELOURS .L'

 

1942 - SUNDAY PUNCH

 

1942 - DANSE AUTOUR DE LA VIE

 

1942 - CALLING DR. GILLESPIE

 

1942 - AMÉRICAIN PUR SANG .UN

 

1942 - SOUVENIR DE VOS LÈVRES .LE

 

1941 - OMBRE DE L'INTROUVABLE .L'

 

1941 - SOUVENIRS

 


 

4 PARTICIPATIONS POUR LA TÉLÉVISION.

************************************

 

1986 - HAREM
Téléfilm de William Hale
Avec Nancy Travis, Art Malik, Sarah Miles, Yaphet Kotto, Julian Sands

 

1985 - FEUX DE L'ÉTÉ .LES
Téléfilm de Stuart Cooper
Avec Don Johnson, Jason Robards, Judith Ivey, Cybill Shepherd

 

1985 - A.D.
Série TV de Stuart Cooper - 12 épisodes de 50 Mn.)
Avec Anthony Andrews, James Mason, John McEnery, Ian McShane, Jennifer O'Neill, Fernando Rey, Susan Sarandon

 

1979 - CÔTE OUEST
Série TV de 1979 à 1993 - 344 épisodes de 60 Mn. - Créé par David Jacobs
Avec Ted Shackelford , Joan Van Ark, Nicolette Sheridan, Michele Lee, William Devane, Michelle Phillips

 


 

5 COURTS MÉTRAGES

************************************

 

1968 - VIENNA : THE YEARS REMEMBERED
Court métrage de Jay Anson
Avec Catherine Deneuve, James Robertson Justice, James Mason, Omar Sharif

 

1964 - ON THE TRAIL OF THE IGUANA
Court métrage - Non créditée de Ross Lowell
Avec Bob Marcato (narrateur)

 

1942 - MIGHTY LAK A GOAT
Court métrage d'Herbert Glazer
Avec Robert Blake, John Dilson, George B. French, Billy 'Froggy' Laughlin

 

1942 - WE DO IT BECAUSE
Court métrage de Basil Wrangell
Avec Mark Daniels, Tom Herbert, Mitchell Lewis

 

1941 - FANCY ANSWERS Court métrage de Basil WRANGELL
Avec Byron Foulger, George Magrill, Pete Smith

 


 

Commentaires

Nom :hugongerard
Date :07-07-2008 09:26:59
Commentaire :La plus belle femme de ce cinéma glamour hollywoodien .
Nom :alba
Date :20-07-2009 23:11:34
Commentaire :bien
Nom :loy
Date :14-09-2009 19:24:55
Commentaire :Une femme unique avec une beauté divine il ne fallait pas qu'elle meurt.
Nom :BLEYNIE
Date :02-12-2009 23:13:05
Commentaire : Madame Ava Gardner était très belle et sympathique, j ai eu l occasion de la voir dans le pont de Cassandra avec mon acteur préféré Monsieur Martin Sheen. Madame Ava Gardner était et restera mon actrice préférée et je ne l oublierai jamais
Nom :hugongerard
Date :01-02-2010 17:39:21
Commentaire :Trés belle dans La comtesse aux pieds nus de Joseph Mankiewicz , mais pas d ' Oscar pour elle , dommage .
Nom :hugongerard
Date :10-10-2010 18:25:38
Commentaire :Mais qu ' avait-elle besoin d ' épouser Mickey Rooney , un mariage qui ne correspondait pas du tout entre les 2 stars.
Nom :vanoverschelde
Date :14-11-2010 09:45:16
Commentaire :je recherche les feux de l ete avec ava gardner et don johnson ou le trouve
Nom :hugongerard
Date :24-12-2010 17:10:08
Commentaire :Bon anniversaire à Ava Gardner qui aura eu aujourd hui 98 ans .
Nom :hugongerard
Date :09-03-2012 18:14:53
Commentaire :Le film qui l ' a propulsa au sommet est : Pandora d ' Albert Lewin ( 1951) et non : Les tueurs de Robert Siodmak comme on l a toujours affirmé , erreur que commettent trés souvent les encyclopédistes du cinéma .
Ajouter un commentaire:
Nom:
Email:
Commentaire:
Question de sécurité: quel est le nom de ce site ?



Rechercher des videos - Sms Gratuit - Recherche Petites annonces classées au Québec - Recherche Petites annonces en France