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Né à Boston, Massachusetts, en 1912, Alexander Mackendrick, après des études à Glasgow, était entré dans le cinéma comme scénariste en 1937, aux studios de Pinewood. Mais ses vrais débuts correspondent à son premier film comme réalisateur, " Whisky à gogo ", en 1948, coup d'envoi de la comédie britannique de l'après-guerre qui allait produire des chefs-d'oeuvre aux studios Ealing. Qu'on imagine la situation : le naufrage d'un cargo chargé de la précieuse liqueur en 1943, sur une île coupée de toute source d'approvisionnement pour cause de sous-marins allemands.
Ce sens de la situation allait déboucher, en 1951, sur un autre titre inoubliable : " l'Homme au complet blanc ". Un inventeur découvre le tissu qui ne se tache pas et ne s'use pas. Bienfaiteur de l'humanité ? Non. Tout le monde est contre lui, depuis le patronat du textile qui voit s'assécher sa source de plus-values jusqu'aux... syndicats, puisque les entreprises de confection vont fermer par sa faute. Sous couvert du " nonsense ", ce sentiment de l'absurde développé par la voie de la logique jusque dans ses ultimes conséquences (tradition britannique qui remonte à Jonathan Swift au XVIIIe siècle et Thackeray au XIXe), Mackendrick modernisait le principe du conte philosophique à la Voltaire dans un film qui n'a pas davantage vieilli que l'invention de son protagoniste.
Après " Mandy " (1952), émouvante chronique réaliste sur la rééducation d'une petite sourde-muette, et " Maggie " (1954), comédie douce-amère, Mackendrick retrouvait la veine qui avait fait sa réputation grâce à " Tueurs de dames " (1955) - sorte d'hommage à une Agatha Christie qui aurait cultivé le paradoxe jusqu'à faire d'Hercule Poirot un Sherlock Holmes enquêtant sur Miss Marple -, dans lequel cinq truands, dont Alec Guinness (déjà héros de " l'Homme au complet blanc ") et Peter Sellers, abusaient des vieilles dames qui les hébergeaient en faisant semblant d'être des musiciens répétant le menuet de Boccherini, en fait un disque joué très fort alors qu'ils préparent leurs méfaits.
Le succès ramène cet Écossais dans les États-Unis de sa naissance. En 1957, " le Grand Chantage " est un admirable film noir avec Burt Lancaster et Tony Curtis sur la presse à scandale, superbement cinématographié par James Wong Howe et mis en musique par Elmer Bernstein. Il sera suivi de " Sammy Going South " (1962) et d'un grand film d'aventures maritimes, " Cyclone à la Jamaïque " (1965), qui mettait aux prises Anthony Quinn en pirate face à deux enfants.
Après " Comment réussir en amour sans se fatiguer " (1967), moins réussi, Alexander Mackendrick s'était réfugié dans l'enseignement, dirigeant le California Institute of the Arts. Il n'empêche que son oeuvre, qui se résume à neuf titres, comporte cinq à six films inoubliables. Ce n'est pas peu.
Source : Jean Roy.
SES RÉCOMPENSES :
1953 - Pour : MANDY - Prix spécial du jury - Festival du cinéma de Venise, Italie.
Fait le 09 décembre 2009 par Philippe de CinéMémorial.
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