TILDA THAMAR

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Profession:
Actrice Argentine.

Date et lieu de naissance:
07-12-1917, à Urdinarrain prêt de Buenos Ayres en Argentine.

Date et lieu du décès:
12-04-1989, à Clermont-en-Argonnes dans la Meuse en France.

Cause du décès:
À la suite d'un accident de voiture, elle était âgée de 71 ans.

Nom de naissance:
Matilde Sofia Margarita Abrecht.

État civil:
Fut mariée très brièvement au peintre : ALEJO VIDAL-QUADRAS.
De 1956 - jusqu'à son décès.

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Anecdotes

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Biographie

TILDA THAMAR, LA BOMBE ATOMIQUE ARGENTINE


Et si on faisait à présent un petit passage à basse altitude sur le « cinéma de papa » des années 50 et ses nanars quasiment invisibles de nos jours en évoquant la troublante actrice argentine Tilda Thamar, la reine du navet, « la bombe atomique argentine », qui a aligné avec constance les polars sans âme et les musicals pâlichons : une vedette très médiatique, mais qui faisait beaucoup plus parler d’elle dans les cocktails mondains et dans les journaux à cancan que dans les revues sérieuses de cinéma.

Diplomée en 1937 de l’Académie des beaux arts de Buenos Aires, la blonde argentine se destinait à l’origine à une carrière de professeur de dessin. Si ses talents de graphiste sont vite reconnus, c’est sa grande beauté (ses yeux bleu clair et ses cheveux péroxidés ) qui va lui ouvrir les portes du cinéma : elle figure d’abord dans un documentaire puis pas mal de films dans les années 40, grâce auxquels elle va lentement mais sûrement gravir les échelons de la notoriété. On la retrouve au générique de 2 films de Pierre Chenal exilé en Argentine. Il lui faudra 10 ans pour décrocher un premier rôle (dans l’intervalle elle tient des rôles secondaires aux cotés d’Eva Duarte (future Eva Perron) ou Mirtha Legrand, dans des films souvent musicaux comme la Chaste Suzanne ou la Petite dame du Moulin Rouge).

Elle joue dans les remakes argentins du chapeau de paille d’Italie et de Mlle ma mère (où elle interprète hubba hubba un boléro de sa composition) dont certains passages sont censurés et fait scandale en paraissant en maillot de bain dans Adam et le serpent. En posant nue pour une célèbre photographe, elle ne craint pas d’aggraver sa situation : il est temps pour elle de tenter sa chance ailleurs.

Epouse du comte Ali Toptani, cousin du roi Zog d’Albanie, elle pénètre ainsi de plein pied dans la jet-set internationale : elle est vivement remarquée lors de son passage aux États-Unis (où on la surnomme la bombe atomique) et en France où elle vient passer les fêtes du jour de l’an 1948-1949. Le producteur Claude Dolbert la rencontre lors d’une soirée et lui fait signer un contrat sur le champ : la blonde actrice est alors lancée avec forte publicité, ce qui va vite provoquer quelques sarcasmes qui remettent à juste titre en cause son statut de superstar argentine (sa notoriété dans son pays est bien inférieure à celle de Mirtha Legrand, Tita Merello …).

L’actrice déclare dans les journaux qu’elle admire James Stewart et rêve de tourner avec Autant-Lara et Clouzot : elle va vite déchanter en ne jouant que dans de médiocres films mis en scènes par des tacherons. L’ange rouge de J Daniel Norman marque ses débuts en France : elle y incarne une vamp de cabaret amoureuse du gangster Paul Meurisse et chante deux airs de Francis Lopez. La critique sceptique souligne néanmoins la beauté de la nouvelle star. Dans ronde de nuit, elle est tour à tour marquise, gitane, prostituée et star(et entonne un air de Jose Sentis). Mieux vaut éviter Amour et Compagnie, un lamentable musical dont la vedette est Georges Guétary. C’est un ratage total, et Tilda, en mondaine capricieuse et « tempéramental », baragouinant le français, insupportable.

En dépit de la piètre qualité de ses films, le public séduit par sa grande beauté (le jeune François Truffaut la trouvait fort belle) et alpagué par le brouhaha médiatique dont elle fait l’objet (son court mariage avec un peintre mondain fait jaser, ses rencontres à Cannes avec Kirk Douglas, Errol Flynn) l’adopte. Pourtant rien ne viendra relever le niveau. Parmi ses prestations, pas mal de films musicaux comme Bouquet de joie (1951) avec Charles Trenet (qui y chante mes jeunes années, un de ses plus jolis succès) ou le chanteur de Mexico avec Luis Mariano (en star capricieuse encore une fois), seul film encore rediffusé de temps à autres, divertissement tout à fait honnête. Une nuit au moulin rouge (1956) est un film revue, vitrine clinquante d’un Paris de pacotille destiné surtout à la province et à l’exportation. Sœur Angélica, un mélo espagnol comme on n’ose plus les faire, avec scènes de cabaret.

L’autre spécialité de Tilda reste le polar, bas de gamme le plus souvent comme l’assommante femme à l’orchidée, lourdement mise en scène par Raymond Leboursier : ennui garanti, ou la suite des pépées font la loi (les pépées au service secret) avec Louise Carletti, autre star des polars de série Z (la maman d’Ariane du club Dorothée).

Je suis certainement un peu sévère avec les films de cette blonde platinée en me basant sur la poignée que j’ai pu voir en VHS et peut-être que certains méritent d’être revus (encore faudrait-il qu’ils soient diffusés quelque part !).
Avec la nouvelle vague, et la quarantaine, Tilda ne parvient plus à trouver des rôles à l’écran mais son immense fortune lui permet aisément de s’en passer : en outre, elle en profite pour retourner à ses chevalets et peindre des toiles un peu naïves et naturalistes, que le Douanier Rousseau n’aurait pas détestées. En 1966, elle fait un procès contre une firme de cosmétique argentine qui utilise son image sans sa permission pour une pub.

Dès ses débuts en France, la star précisait qu’elle avait écrit deux scénarii : compte tenu de sa fortune et de ses relations, il paraissait logique qu’elle tente sa chance derrière la caméra. Néanmoins les informations sur sa seule réalisation « l’appel » en 1974, avec Michel Lemoine, sont rares et laissent perplexe : s’agit-il d’un film fantastique sur un vaisseau fantôme ou tout bonnement d’un film érotique (avec des titres plus explicites pour l’exploitation à l’étranger)? Finalement, j'ai pu visionner l'objet, creux , prétentieux et pimenté de quelques scènes osées. La pauvre Tilda, qui n'hésite pas à dénuder sa poitrine, y donne vraiment l'impression d'une star viellissante engloutie dans sa gloire passée.
Pour finir sa carrière en toute logique quoi de mieux pour la reine du cinéma bis qu’un rôle secondaire dans les Prédateurs de la nuit, remake erotico-gore des yeux sans visage de Georges Franju avec Brigitte Lahaie, produit par René Château et réalisé par Jess Franco (un de ses meilleurs films selon les spécialistes) ?

En 1989, Tilda Thamar décède dans un accident de voiture. Compte-tenu de la médiocrité d’une grande part de ses films que reste t’il de la Lana Turner argentine, hormis de jolies couvertures de Cinémonde et le vague souvenir chez les plus âgés d’une vamp renommée pour son parfum de scandale (Annie Cordy raconte qu’elle portait rarement une culotte). Cette artiste polyglotte et cultivée ne méritait-elle pas un peu mieux ?

Source : http://movie-musical-world.blogspot.com/ - Fait le 06 mai 2020 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

54 LONGS MÉTRAGES
_________________________________

 

1987 - PRÉDATEURS DE LA NUIT .LES

 

1973 - APPEL .L'
Réal+Scén+Prod : Tilda Thamar

 

1973 - ANGE AU PARADIS .UN

 

1966 - À BELLES DENTS

 

1959 - FRIENDS AND NEIGHBOURS
Réal : Gordon Parry

 

1958 - INCOGNITO

 

1958 - CHÉRI, FAIS-MOI PEUR

 

1957 - NUIT AU MOULIN-ROUGE .UNE

 

1957 - GRAND BLUFF .LE

 

1957 - FANATIQUES .LES

 

1956 - CHANTEUR DE MEXICO .LE

 

1956 - PARIS, PALACE HÔTEL

 

1956 - AVENTURIÈRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES .L'

 

1955 - LA DAMA DEL MILLÓN
Réal : Enrique Cahen Salaberry

 

1955 - MASTER PLAN .THE
Réal : Cy Enfield

 

1955 - HUYENDO DE SÍ MISMO
Réal : Juan Fortuny

 

1955 - PARIS COQUIN - PARIS CANAILLE

 

1955 - PÉPÉES AU SERVICE SECRET .LES

 

1954 - EL FESTÍN DE SATANÁS
Réal : Ralph Pappier

 

1954 - SOR ANGELICA
Réal : Joaquín Luis Romero Marchent

 

1953 - LA MUJER DESNUDA
Réal : Ernesto Aranciaba

 

1953 - MUSS MAN SICH GLEICH SCHEIDEN LASSEN

 

1952 - LÉGION ÉTRANGÈRE

 

1953 - MONSIEUR SCRUPULE, GANGSTER

 

1953 - CARAQUE BLONDE .LA

 

1951 - MASSACRE EN DENTELLES

 

1951 - FEMME À L'ORCHIDÉE .LA
Réal : Raymond Leboursier

 

1951 - BOUQUET DE JOIE

 

1950 - SÉRÉNADE AU BOURREAU

 

1950 - PORTE D'ORIENT

 

1949 - AMOUR ET COMPAGNIE

 

1949 - RONDE DE NUIT

 

1948 - ANGE ROUGE .L'

 

1947 - NOVIO, MARIDO Y AMANTE
Réal : Mario C. Lugones

 

1947 - LA HOSTERIA DEL CABALITTO BLANCO
Réal : Benito Perojo

 

1946 - UN MODELO DE PARIS
Réal : Luis José Bayón Herrera

 

1946 - ADÁN Y LA SERPIENTE
Réal : Carlos Hugo Christensen

 

1945 - NO SALGAS ESTA NOCHE
Réal : Luis José Bayón Herrera et Arturo García Buhr

 

1945 - LA SEÑORA DE PÉREZ SE DIVORCIA
Réal : Carlos Hugo Christensen

 

1945 - DESPERTAR A LA VIDA
Réal : Mario Soffici

 

1944 - P'TITE FEMME DU MOULIN ROUGE .LA
Titre Or. : La casta Susana
Réal : Benito Perojo

 

1943 - EL ESPEJO
Réal : Francisco Múgica

 

1943 - EL MUERTO FALTA A LA CITTA
Réal : Pierre Chenal

 

1942 - EL PIJAMA DE ADÁN
Réal : Francisco Múgica

 

1942 - ADOLESCENCIA
Réal : Francisco Múgica

 

1942 - TODO UN HOMBRE
Réal : Pierre Chenal

 

1941 - CENIZA AL VIENTO
Réal : Luis Saslavsky

 

1941 - ¡ DELIRIO !
Réal : Arturo García Buhr

 

1940 - DAMA DE CONPAÑÍA
Réal : Albert de Zavalía

 

1940 - ENCADENADO
Réal : Enrique de Rosas

 

1939 - EL LOCO SERENATA
Réal : Luis Saslavsky

 

1937 - ¡ SEGUNDOS AFUERA !
Réal : Chas de Cruz et Alberto Etchebehere

 

1937 - MELGAREJO
Réal : Luis José Moglia Barth

 

1936 - DON QUIJOTE DEL ALTILLO
Réal : Manuel Romero

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commentaires (2)

taleb khaled

22-02-2009 09:44:23

TILDA THAMAR, actrice cosmopolite, qui jouait des rôles taillés pour elle, de vamp, d'allumeuse, d'espionne slave ou de femme fatale. Elle m'a littéralement subjugué par son charme énigmatique, et sa beauté à couper le souffle . Merci, Philippe, pour votre site - ô combien - salutaire . Taleb Khaled .

hugongerard

27-10-2009 16:36:25

La bombe argentine du septième art.