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Ses parents sont très absents pendant sa vie. Ils lui donnent le goût des livres et de la musique (sa mère était une pianiste de talent), ils ne peuvent la protéger d'abus sexuels de la part d'un voisin. Cela aura une influence majeure sur sa vie et sa carrière, elle affirmera plus tard être incapable d'aimer vraiment.
Louise Brooks a toujours été considérée comme l'une des plus belles femmes qui aient jamais paru sur un écran et elle propage encore aujourd'hui l'aura d'une folle passion. Âgée de quinze ans, cette fille de famille aisée devient danseuse dans le cours puis la troupe de la célèbre Ruth Saint Denis et de son partenaire Ted Shawn. Engagée dans les Scandales de Georges albite puis clans les Ziegfeld follies, elle signe en 1925 avec la Paramount un contrat de cinq ans, qu'elle résilie au bout de trois, après avoir tourné nombre de films où sa réserve se remarque : The American Venus (1926), It's the Old Army Game, Rolled Stockings (1927), Une fille dans chaque port de Howard Hawks, et surtout les Mendiants de la vie de William Wellman (1928). Les cheveux coupés, vêtue en homme, elle apparaît dans ce film, vêtue d'un travesti absolument inoubliable. Passionnée, donc déçue, elle croit s'être fourvoyée dans le cinéma. "Également inapte au mariage), comme elle le dit elle-même, elle divorce d'avec le réalisateur Eddie Sutherland en 1928 (comme elle se séparera de Deering Davis en 1934).
C'est alors que le réalisateur allemand G. W. Pabst la choisit pour incarner la Lulu de Wedekind clans Loulou (ou la Boîte de Pandore, 1929) et contre l'avis de la Paramount la fait venir en Allemagne. C'est le rôle qui désormais fixe définitivement l'image de Louise Brooks, franche incarnation de la sensualité, irradiante clarté de la féminité flapper, avec sa coiffure à la garçonne, ses dents étincelantes, ses lèvres fraîches, et l'extraordinaire luminosité de sa peau : Je suis une blonde aux cheveux noirs", affirme-t-elle. La mode 1925 immortalise ses décolletés à la fois audacieux et purs, l'ambiguïté de son buste plat lui prête un trouble serein. L'amoralité innocente du personnage trouve en elle la Mau définitive, miraculeuse, archétypique, projection d'une déconcertante bisexualité.
Immédiatement après Loulou, Pabst lui fait tourner le Journal d'une fille perdue, puis elle retourne aux États-Unis, où la Paramount par esprit de revanche double sa voix dans The Canary Merder Case (1929) et en France pour Prix de beauté (A. Genina, 1930). On la verra encore clans des filins de Frank Tuttle, Michael Curtiz, Robert Florey, George Sherman, ce jusqu'en 1938, où, retirée à Rochester , New York dans l'ombre de la cinémathèque Eastman Kodak, elle s'est mise à régner sur son propre souvenir, lisant Proust et Schopenhauer, peignant des toiles très chinoises, écrivant (sous prétexte de renoncer à ses Mémoires) des articles enjoués, perfides, pleins d'humour et d'une incroyable qualité littéraire.
Devenue un témoin irremplaçable et caustique de son époque, elle écrit sur Wellman, W. C. Fields, Marlene Dietrich, Bogart, Chaplin, Garbo et Lillian Gish, et disperse avec générosité une correspondance somptueuse. Mais elle fait mieux que nous livrer la chronique unique d'une star qui sait s'interroger (lire Louise Brooks par Louise Brooks, Paris, 1983), voire mettre en question son statut même d'image projetée et contester la puissance des grands studios qui la manipulèrent : elle parle pour toutes les femmes libres et indépendantes qui refusent l'état d'objet avec le charme et la beauté qui en sont la perverse rançon.
Le 8 août 1985, à Rochester, elle meurt d'une crise cardiaque. Pour l'éternité, elle laisse l'image d'une femme libre et irradiante de beauté. Louise brooks s'en va mais "Loulou" sera toujours vivante.
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