JEAN-CLAUDE BRISSEAU

Vue 719 fois

Profession:
Acteur, réalisateur, scénariste et producteur français

Date et lieu de naissance:
17-07-1944, à Paris 18ème arrondissement, France.

Date et lieu du décès:
11-05-2019, à Paris, France.

Cause du décès:
Des suites d'un cancer à l'âge de 74 ans.

Nom de naissance:
Jean-Claude Henri Louis Brisseau.

État civil:
?

Taille:
?

Commentaires: 0

Anecdotes

Auteur des remarqués De bruit et de fureur et Noce blanche, le cinéaste français avait été condamné pour harcèlement sexuel sur certaines de ses comédiennes en 2005, plus de dix ans avant le scandale Weinstein.

photos

(Glissez vers la gauche pour découvrir toutes les photos)

Biographie

Jean-Claude Brisseau est mort sans bruit ni fureur samedi 11 mai, à l’âge de 74 ans. Selon son entourage, le cinéaste français est décédé des suites d’une longue maladie dans un hôpital parisien. Il était le réalisateur notamment de De bruit et de fureur, sorti en 1988, de Noce blanche en 1989 ou encore des Anges exterminateurs en 2006. Son dernier film, Que le diable nous emporte, est paru en janvier 2018.

Avant de réaliser des films, Jean-Claude Brisseau est passé par la case enseignement. Dans les années 1970, il est professeur de français dans un lycée de Seine-Saint-Denis et réalise quelques films en parallèle. Il est repéré par Éric Rohmer grâce à sa deuxième création, La Croisée des chemins. Le cinéaste de la Nouvelle Vague l’aide à obtenir un soutien financier de l’INA et lance sa carrière.

À la fin des années 1980, Jean-Claude Brisseau réalise ses deux films les plus connus. De bruit et de fureur en 1988 dépeint la violente réalité de la banlieue. Le film remporte le prix spécial de la jeunesse au Festival de Cannes. Le réalisateur enchaîne avec Noce blanche. Il offre à Vanessa Paradis son premier rôle au cinéma dans ce qui reste le plus grand succès populaire de Jean-Claude Brisseau, avec plus d’1,8 million de spectateurs.

Une figure contestée

En 2005, Jean-Claude Brisseau est condamné à un an de prison avec sursis et 15.000 euros de dommages et intérêts pour harcèlement sexuel sur deux actrices durant les auditions de Choses secrètes, réalisé en 2002. En tout, une vingtaine de comédiennes témoignent des méthodes du réalisateur sur les plateaux. La justice estime alors que «les essais érotiques imposés aux actrices n’avaient pas pour seul effet de rassurer Jean-Claude Brisseau sur leur capacité à tenir de façon satisfaisante le rôle auquel il disait les destiner, mais aussi de satisfaire les pulsions sexuelles du réalisateur».

De son expérience, il tire le film semi-autobiographique Les Anges exterminateurs, qu’il réalise dans l’attente de son procès. Rare personnalité du cinéma français condamnée pour violences sexuelles avant l’affaire Weinstein, Jean-Claude Brisseau reste depuis une figure très contestée. Le mouvement #metoo l’avait d’ailleurs rattrapé en 2017. La Cinémathèque avait alors choisi, face à la colère d’organisations féministes, d’annuler la rétrospective qu’elle devait lui consacrer, après le maintien de celle dédiée à Roman Polanski quelques mois plus tôt.

Rares hommages

Alors au lendemain de sa disparition, peu de personnalités ont réagi à la nouvelle. Vanessa Paradis raconte dans un entretien au Monde que «le tournage [de Noce blanche] a été dur». «Jean-Claude Brisseau était extrêmement particulier, complète la comédienne. Très grand, très autoritaire, avec cette voix grave. [...] Peut-être que Brisseau essayait aussi d’aller au conflit pour me faire sortir de ma zone de confort.»

En 1994, le réalisateur avait dirigé Sylvie Vartan dans L’Ange noir, thriller sulfureux qu’il avait écrit spécialement pour elle. La chanteuse s’est déclarée à l’AFP «très attristée par cette nouvelle», ne gardant «que de bons souvenirs de notre collaboration». «C’est une expérience artistique que je garderai toujours comme un merveilleux souvenir, a-t-elle ajouté. J’ai adoré travailler avec lui.»

Sur Twitter, seul Philippe Rouyer s’est osé à rendre hommage au réalisateur. Le critique de cinéma s’est dit «bouleversé d’apprendre la mort de Jean-Claude Brisseau, grand cinéaste qui a osé le lyrisme dans le cinéma français, pour explorer sa quête d’absolu.»

Bouleversé d’apprendre la mort de #JeanClaudeBrisseau, grand cinéaste qui a osé le lyrisme dans le cinéma français, pour explorer sa quête d’absolu. Peu ont aussi bien filmé la pureté face à la violence du monde. #Debruitetdefureur #Noceblanche sont déjà des classiques.

L’ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob, habitué des hommages aux grands et grandes du cinéma français, s’est contenté d’un court tweet, énumérant les quelques films marquants de Jean-Claude Brisseau. «Mort du cinéaste Jean-Claude Brisseau. Dernier film: Que le diable nous emporte. Il a fait tourner Vanessa Paradis pour la 1ère fois dans Noce blanche. Il laisse aussi De bruit et de fureur», a-t-il écrit. En réponse au tweet, l’actrice Aura Atika a tenu à préciser qu’il avait «aussi demandé à de jeunes actrices de se dénuder et/ou se caresser devant sa caméra pour mater après».

Source : LeFigaro - Fait le 18 mai 2019 par Philippe de CinéMémorial.

SES RÉCOMPENSES :

2011 - Pour le film : LA FILLE DE NULLE PART - Léopard d’Or - Festival international du cinéma de Locarno, Suisse.
2001 - Pour le film : CHOSES SECRÈTES - Prix France Culture du cinéaste de l’année - Festival du cinéma de Cannes, France.
1989 - Prix Nouveau Talent par la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, France.
1987 - Pour le film : DE BRUIT ET DE FUREUR - Prix Spécial de la Jeunesse - Festival du cinéma de Cannes, France.

 

commentaires (0)