MARIE DAEMS

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Profession:
Actrice et dame de théâtre française.

Date et lieu de naissance:
27-01-1928, à Paris (9ème arrond.), France.

Date et lieu du décès:
21-01-2016, à Paris, France.

Cause du décès:
Probablement de mort naturelle à l'âge de 87 ans.

Nom de naissance:
Maud Marie Daems.

État civil:
Mariée 29 juillet 1949 avec l'acteur : FRANÇOIS PÉRIER - Divorcée en 1959.

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Anecdotes


Marie Daëms avec son époux l'acteur François Périer

Fille d'un père belge opérateur de cinéma et d'une mère au foyer, Marie Daëms a quatre frères et sœurs.

Elle étudie au lycée Jules Ferry, puis entre au Cours Simon.

Elle débute au théâtre en 1947, avec Marcel Herrand, dans Une jeune fille savait d'André Haguet.

En 1949, elle épouse François Périer et, la même année, tourne son premier film Au p'tit zouave de Gilles Grangier.

Marie Daëms divorce en 1960 et s'installe près du parc Monceau. Sa sœur, Agathe Aëms née en 1944, est aussi comédienne.

photos

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Biographie

Hommage à MARIE DAEMS.
Marie Daëms au côté de Roland Lesaffre dans le film de Marcel Carné en 1954 : L'Air de Paris.


Ajout de la vidéo le 25 janvier 2016 par Philippe de CinéMémorial

 

Elle fit les beaux soirs des théâtres parisiens et prêta sa voix à la série "Derrick". La comédienne vient de s'éteindre la veille de ses 88 ans.

"Belle aventureuse au cinéma et comédienne remarquée au théâtre. Prix : 30 euros. » Cette légende accompagne une photo dédicacée de Marie Daëms en vente sur un site internet. Née la même année, le même mois (janvier 1928) que Jeanne Moreau, elle n'eut pas le même destin ni la même carrière, et son nom est presque oublié. Elle fut pourtant l'archétype de la Parisienne des années 50 et 60 dans quelques jolis films, dont L'Air de Paris de Marcel Carné, où elle partage l'affiche avec Jean Gabin et Arletty. Marie Daëms fut aussi de chaque rentrée théâtrale, principalement sur les boulevards.


Photo du film : L'Air de Paris.

Lorsqu'on rediffuse Derrick, les initiés reconnaissent sa voix dans presque tous les épisodes où figure une femme d'un âge certain, acariâtre et autoritaire. Un peu distraite, Marie Daëms n'a conservé aucune photo, aucune critique ou coupure de presse : « Je garde les photos de mes amis, de mon chien, les photos de plage, les choses amusantes, mais ma carrière... » disait-elle il y a quelque temps. Si vous lui parlez du profil de cette carrière, elle répond aussitôt en riant : « Le profil ou le dos ? » L'actrice ne s'est jamais prise au sérieux et a tout le temps joué la carte de la frivolité, au risque de passer pour une cabotine, ce qu'elle n'était pas, assurément.

Jouer « les salopes »

D'abord petit rat à l'Opéra, elle a 16 ans à la Libération lorsqu'elle entre au cours de René Simon. Elle est accueillie par ces mots : « Je ne les prends pas au biberon. » Obstinée, elle revient quelques jours plus tard maquillée, avec les vêtements de sa soeur aînée. Ce cours est une jolie écurie. Il y a Martine Carol, Danièle Delorme pour les filles, Gérard Philipe, Daniel Gélin et Pierre Mondy pour les garçons. « On s'amusait follement, se souvient la comédienne, nous nous retrouvions tous au Villars, à l'angle du boulevard des Invalides, pour boire des panachés et nous projeter dans l'avenir, qui nous appartenait forcément. C'était magique. » René Simon l'envoie auditionner au théâtre des Mathurins où elle joue plusieurs pièces mises en scène par Marcel Herrand. Elle rencontre François Périer, qu'elle épouse et avec qui elle forme un couple de théâtre dans les années 50. Ils jouent ensemble de nombreuses pièces, Les Mains sales de Jean-Paul Sartre ou l'une des plus célèbres pièces d'André Roussin, Bobosse : « Nous l'avons jouée deux années de suite, sans compter les tournées, plus de mille fois au total. » Ce fut l'un des plus grands succès de François Périer, lui qui aurait aimé connaître la gloire avec le pape de l'existentialisme et l'a obtenue en faisant le poirier sur scène avec Roussin.


Photo du film : AU P'TIT ZOUAVE de Gilles Grangier en 1949 avec son époux François Périer.

Cette association au théâtre de la Michodière, avec les deux monstres sacrés, Yvonne Printemps et Pierre Fresnay, se prolongea pendant quatre ans avec Le Ciel de lit, adapté en français par Colette. Marie Daëms fit des rôles de garce une spécialité. Elle n'hésite pas à dire qu'elle a aimé jouer « les salopes ». Timide et angoissée en privé, elle est aussi anxieuse et pudique. Elle masque tout cela par une couche d'humour, ce qui lui valut la réputation d'être l'une des femmes les plus redoutables de Paris, n'hésitant jamais à pratiquer l'autodérision. À une amie qui lui demandait si elle répétait en ce moment, elle répondit : « Oui, je répète tout ce qu'on me dit. » À une autre qui voulait savoir si elle tournait : « Oui, en rond dans mon appartement. »

Quatrième degré

Elle a longtemps pratiqué l'humour vache avec son ami Jacques Chazot, qu'elle appelait sa « vieille copine ». Ensemble, ils allaient aux puces, par temps de pluie seulement. Marie arrivait bottée, vêtue d'un ciré, et Jacques lui disait : « Tu t'es encore habillée comme une bonne. » Ils n'aimaient pas le grand soleil, préférant vivre les volets fermés en plein jour, pour mieux se précipiter la nuit venue chez leur amie Françoise Sagan et « taper le carton », selon leur expression favorite. Rire, se moquer les uns des autres avec tendresse était la règle pour être admis dans le cercle : « T'as de beaux vieux, tu sais », disait Chazot à Marie lorsqu'elle sortait avec un homme plus âgé qu'elle. Marie ne se laissait pas impressionner et répliquait aussitôt avec cette langueur dans la voix : « Oui, il m'a changé mon Austin et mon vison. » Des dialogues irréels au quatrième degré parce qu'ils savaient que la vie est courte et qu'il faut la prolonger jusqu'au bout de la nuit en disant des bêtises. Jacques Chazot n'est plus, Françoise Sagan non plus. Tous les amis de Marie sont partis. Marie galante ? On lui a prêté de nombreux allers et retours à Rabat chez le roi du Maroc, elle ne fut pas la seule actrice à aimer ce pays.


Photo du film : L'Air de Paris de Marcel Carné en 1954, avec Roland Lesaffre

L'un de ses derniers rôles sur scène fut dans Retour au désert de Bernard-Marie Koltès, sous la direction de Patrice Chéreau, avec Jacqueline Maillan et Michel Piccoli. Avec le même Chéreau, elle fit au cinéma l'une de ses dernières apparitions dans Ceux qui m'aiment prendront le train. Elle y fut sublime. C'était il y a quinze ans. Depuis, elle a prêté sa voix à des actrices étrangères ou à des personnages de dessins animés. Marie Daëms a continué à traîner un peu tard le soir au Mathis, chez son ami Gérald Nanty, pour partager quelques bons mots, pour rire de tout et de rien. Se souvenir d'une époque brillante et même un peu méchante. Et puis on ne l'a plus vue. Elle qui ne voulait jamais rentrer à cause de la peur du silence s'est enfermée chez elle, ne voulant plus voir personne, c'est à peine si elle répond au téléphone. Elle est décédée le 21 janvier dernier.

Source : Par Jean-Noël Mirande pour Le Point - Fait le 25 janvier 2016 par Philippe de CinéMémorial.